« On devait faire quelque chose pour se démarquer. Cette mesure permet de reconnaître facilement le type de commerce. En voiture, les automobilistes feront: ''Tiens, je ne savais pas qu'il y avait un magasin de meuble à cet endroit''», lance, à titre d'exemple, Gérard Castonguay de Formidée. M. Castonguay, dont le commerce a pignon sur Van Horne, a participé à la concrétisation de la pastille lumineuse, dévoilée lundi à la séance du conseil d'arrondissement.
L'idée de base de cette facture visuelle est l'œuvre d'URBAN SOLAND: paysages urbains, une firme mandatée pour analyser l'état de Van Horne en tant d'avenue commerciale.
Cette étude et la revitalisation qu'elle suggère s'inscrivent dans le PR@M (Programme réussir @Montréal). Ce programme, pour lequel la Ville a débloqué quelque 23 M$, vise à revamper l'esthétique de 28 artères commerciales de Montréal.
La pastille de couleur dont le logo est lumineux devait répondre à de nombreux critères. Elle est durable, éconergétique, visuellement accrocheuse et facile d'installation.
Malgré cela, elle ne fait pas l'unanimité chez les commerçants. Son coût en dissuade plus d'un. Pour se procurer une telle pastille, il faut débourser environ 950$ dont le tiers est assumé par la Ville dans le cadre du PR@M.
« À ce prix-là, ils ne m'auront pas, averti Diane Bastien, la propriétaire de la Friperie Morgane. L'idée est bonne toutefois. Si la majorité y adhère, il y a des bonnes chances que je suive, même si ça coûte le même prix que de se faire faire un auvent au nom de notre entreprise. »
La Pizzeria Van Horne, elle, aura fort probablement sa pastille. « Ce n'est pas comme sur Laurier et Bernard. La circulation est plus rapide ici et il y a plein d'autos. On a besoin de quelque chose d'attirant visuellement », croit le propriétaire, Georges Lyberopoulos.
S'il est convaincu de la nécessité du projet, ce n'est pas le cas de la majorité des quelque 140 commerçants. « Selon ce que m'a dit Éric Lamarre qui est impliqué dans l'association informelle des commerçants, la proportion des intéressés se chiffre grosso modo à 30-35%», rapporte Gérard Castonguay.
Pour rassembler le plus grand nombre derrière le projet, le Centre local de développement (CLD) Les 3 Monts et l'arrondissement feront du porte-à-porte dans les prochaines semaines.
« Les gens sont plus ouverts à travailler sur l'embellissement au printemps, note le directeur du CLD, Guy Bazinet. C'est une période de renouveau. »
L'arrondissement met du sien dans la revitalisation de l'avenue commerciale du Nord d'Outremont. Le printemps fera place à de nouveaux arrangements floraux et des bancs additionnels. Presque tout le pavage et les trottoirs ont déjà été refaits, mentionne la mairesse Marie Cinq-Mars.
Le PR@M prévoit aussi une enveloppe budgétaire pour aider les propriétaires des avenues commerciales à restaurer la façade de leurs bâtiments. Depuis juillet 2009, la Ville défraie le tiers des coûts, jusqu'à concurrence de 33 000$.
«Pour l'instant, la réponse demeure faible », admet Guy Bazinet. En effet, seuls cinq projets auraient été initiés, selon le directeur de l'arrondissement Pierre Beaudet. « Il faut dire qu'on s'est qualifié pour le PR@M en plein milieu de la crise économique, poursuit M. Bazinet du CLD. Il reste une année pour profiter de ce programme et on va inciter les commerçants à y participer lors de notre porte-à-porte. »


