Quand est venu le temps de choisir où établir son centre d’arts, Pascale Goutal a jeté son dévolu sur Outremont. «C’est une population qui est très réceptive à l’art, qui aime l’art» juge-t-elle.
Ouvert en septembre 2008, le Centre d’arts La Salamandre a été bonifié d’une galerie, inaugurée le 22 mai dernier. Aux cours offerts aux amateurs et aux ateliers loués à des artistes s’ajoute donc une galerie locative, louée à la semaine sans que La Salamandre ne prenne de commission.
Sa fondatrice souhaite la destiner aux jeunes artistes afin qu’ils bénéficient d’une vitrine pour se faire connaître. «L’avantage d’avoir une galerie à même un centre d’art, explique Pascale Goutal, c’est qu’il y a beaucoup d’allers et venues : les artistes qui louent des locaux, les gens qui prennent des cours et leurs familles… Plein de gens qui, a priori, ne viennent pas pour voir les œuvres exposées.»
Sur l’avenue St-Just, la Galerie d’art d’Outremont (GAO) fête cette année ses 15 ans. Financée principalement par l’arrondissement, elle privilégie l'art contemporain que ce soit sous forme de peinture, sculpture ou installation. Des artistes québécois, principalement, mais aussi des étrangers. Chacune des neuf expositions dure environ 25 jours par année. Entre 5000 et 6000 visiteurs franchissent annuellement les portes de cette galerie.
Est-ce son emplacement qui lui garantit une telle durée de vie à cette galerie? Son coordonateur, Laurent Bouchard croit plutôt que c’est la qualité des expositions – la galerie reçoit annuellement entre 60 et 80 soumissions d'exposants. Toutefois, «les Montréalais sont un bon public», concède-t-il.
Cependant, il n’est pas d’avis qu’Outremont soit le paradis des galeries d’art à Montréal. «Je ne crois pas qu'il y en a plus que sur le Plateau», note-t-il, ajoutant qu’une grande partie de ses visiteurs vient de l’extérieur d’Outremont.
Après avoir ouvert la première Galerie Clarence-Gagnon à Baie St-Paul en 1975, Gilles Brown a récidivé l'année suivante à Outremont, le quartier qu’il habitait alors.
Spécialisée dans les œuvres des vieux maîtres canadiens, cette galerie offre une ou deux expositions solos annuellement. Le reste du temps, les curieux peuvent aller jeter un coup d’œil aux œuvres en vente. Ou encore aller faire évaluer, authentifier ou restaurer leurs toiles.
Le goût qu'ont, selon M. Brown, les Outremontais pour l'art sert bien cette galerie, sise avenue Laurier. «Il y a des gens qui ont des tableaux qui viennent nous les vendre, que ce soit des œuvres héritées lors de succession ou lorsque des gens déménagent dans un logement plus petit.»
Bref, que ce soit pour l’admirer ou le pratiquer ou le collectionner, l’art a sa place à Outremont. Et comme le dit Pascale Goutal de La Salamandre, «pas besoin d'être un professionnel pour aimer l’art. Quelqu'un qui s'installe devant sa toile pour trois heures, je dis qu'il voyage pendant trois heures.»


