«C’est sur l’invitation de l’arrondissement d’Outremont, un partenaire dès les premiers jours de notre association, et toujours actif d’année en année, qui nous a tendu la main pour organiser des activités pendant la semaine de relâche.»
«Cette proposition est depuis devenue un événement pour les adultes et les familles». Pourquoi ne parle-t-on pas ici de spectacle pour enfant?
«Parce que la plupart des spectacles de marionnettes pour enfants s’adressent en fait à tous les publics», corrige Louise Lapointe. «On y distingue toujours plusieurs approches de lectures, et c’est ce qui fait la richesse des oeuvres.»
Louise Lapointe est une intarissable passionnée, elle qui a pourtant découvert tardivement ce monde de la... manipulation au sens noble du mot et pour la beauté du geste.
«Je viens des arts visuels, et j’étudiais le théâtre et la scénographie», raconte-t-elle. «J’ai rencontré et étudié alors avec un homme remarquable, Félix Mirbt, qui m’a initié à la marionnette et à la sculpture des masques. Et j’ai découvert tout un monde d’une création infinie...»
Actuellement, on recense plus d’une trentaine de compagnies, regroupées au sein de l’Association québécoise des marionnettistes (AQM)
L’École supérieure de théâtre de l’UQÀM met en place une formation spécifique aux arts de la marionnette. De plus en plus de diffuseurs y font appel pour leur programmation d’activités familiales. Dans ce sens, le festival permet à certains diffuseurs d’y faire leur «marché»...
Le volet international s’est considérablement étoffé en seulement cinq ans. De la seule troupe fraîchement débarquée à Montréal il y a cinq ans, elles seront quatre cette année, originaires de France, d’Espagne, des États-Unis, de Slovaquie et du Japon.
Deux autres viennent de l’Aberta et de l’Ontario. Les Casteliers ont donc concocté un festival de neuf spectacles auxquels s’ajoutent huit spectacles brefs qu’on appelle aussi les courtes formes et qui seront présentés avant chaque spectacle.
«Nous réservons cette programmation à la relève, autant technique que générationnelle, celle qui propose ainsi aux créateurs de proposer leurs premières ébauches pour de nouvelles approches dramatiques, de nouveaux matériaux de marionnettes et, bien sûr, de nouveaux imaginaires...».
Le festival «Les Trois Jours de Casteliers» devient peu à peu un espace de référence et de soutien pour les jeunes des écoles de théâtre et de marionnette.
Les Casteliers ont signé dernièrement une convention de partenariat avec le Centre international de la Marionnette de Charleville-Mézières dans le Nord de la France.
Il s’agira pour les deux organismes d’échanger des étudiants qui apprendront les métiers et les secrets de la marionnette pendant un an. Cette approche permettra aussi d’étoffer et de promouvoir les échanges et l’information entre marionnettistes. Anne-Françoise Cabanis, directrice du centre de Charleville, sera présente lors des Trois Jours.
Même si cette forme d’art s’adresse souvent à un marché restreint, moins connu du public et des médias, «l’art de la marionnette est pourtant une forme de théâtre à part entière qui connait un essor exponentiel», insiste Louise Lapointe. «Sans doute l’originalité du médium permet de construire d’autres messages artistiques qui inspirent les plus grands comme Robert Lepage qui utilise fréquemment des marionnettes dans ses créations.»
Comme nouvelle forme d’art, même si elle remonte à la nuit des temps permet aux spectateurs adultes d’avoir d’autres regards sur le registre des émotions que la marionnette éveille.
Selon Louise Lapointe, elle dispose d’une force dramatique qui reste encore, pour beaucoup de spectateurs, à découvrir s’ils acceptent de reconnaître que la marionnette... ça n’est pas fait que pour les enfants !
Ne sommes-nous pas au départ des enfants dont l’âme souvent murit trop vite. La marionnette est un objet qui se nourrit de nos émotions enfouies pour prendre vie et nous raconter que le monde peut encore être beau malgré l’amertume du quotidien.
«Sa force métaphorique est indéniable. Dans le même sens, rappelons que la marionnette est souvent utilisée dans certains processus de thérapie mentale.
Dans le geste, le discours ne passe pas nécessairement par la parole pour signifier», rappelle Louise Lapointe. «C’est un art complet... et complexe !»
Vu le développement grandissant des Trois Jours, et une fréquentation qui a doublé l’an passé, pourquoi le limiter à trois journées ?
Nous sommes jaloux de notre envergure actuelle. Cette durée convient à tous, le public comme les compagnies. Et puis nos moyens financiers ne nous permettraient pas de dépasser cette durée, car, n’oublions pas que les Casteliers organisent de nombreuses activités saisonnières, le festival est en quelque sorte une vitrine de tout ce que proposent les Casteliers et le réseau dans lequel l’organisme s’inscrit. «Nos projets à long terme caressent l’idée de créer un centre des Arts de la Marionnette à Montréal», confie Louise Lapointe.
Trois jours, trois scènes, un lieuTout se passera au Théâtre Outremont, dans tous les lieux disponibles de l’édifice: trois scènes dont la grande salle, une autre au balcon, et une dans le foyer.
Le volet exposition des Trois Jours, proposera aux festivaliers une mise en valeur du papier et du bois, premiers matériaux utilisés pour fabriquer les premières marionnettes. «On retrouvera aussi une collection variée de «bonshommes dansants», ces marionnettes basiques taillées par les premiers colons et trappeurs, et des installations. Ainsi chaque année, nous tentons de mettre en valeur une facette du milieu».
Les Trois Jours de Casteliers Du jeudi 4 au dimanche 7 mars Infos au 514 495-9944, ou... www.casteliers.ca
