Encore aujourd’hui, il n’est pas si simple de parler de l’homosexualité aux jeunes…

Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

La chronique de la Maison des Jeunes d’Outremont

Quand des étudiants en travail social de l’UQAM sont venus proposer une activité à nos jeunes il y a quelques mois, nous étions enthousiastes. Le but était clair : reprendre le concept du Lip dub et mobiliser nos jeunes contre l’homophobie. En tant qu’intervenants, nous étions enthousiastes, mais, la réaction des jeunes nous a laissés perplexes…

L'Espace-Temps

Encore aujourd’hui, il n’est pas si simple de parler de l’homosexualité aux jeunes, et encore moins de les mobiliser contre l’homophobie quand leur réalité quotidienne en est une de confrontation avec les différences. Par réflexe, certains jeunes ont eu des réactions homophobes et ne voulaient pas être associés à ce projet de peur d’être associés à l’homosexualité.

En fait, le simple fait d’avoir parlé de cette activité avec les jeunes a créé un drôle de climat à la maison des jeunes. Il y avait ceux qui souhaitaient participer, qui se faisaient timides, et ceux qui ne participeraient absolument pas et qui feraient tout en leur pouvoir, sans grande subtilité, pour décourager les autres d’en faire partie. On a eu l’impression brièvement qu’aucun jeune ne voyait là l’occasion d’être compréhensif, ouvert à la discussion.

Une petite poignée de jeunes participerait certainement, mais le projet semblait compromis par la peur des jeunes. Nous avons multiplié les interventions, les discussions et nous avons même mis sur place un comité de jeunes qui s’occuperait de l’événement.

Néanmoins, sur une période d’un mois et demi, nous restions incapables de prédire le taux de participation à cette belle activité. La difficulté semblait provenir de l’intérieur, et le climat de craintes était paradoxal dans le contexte d’une activité contre l’homophobie.

En fait, ce qui a su capter l’attention des jeunes, c’est lorsque nous avons discuté avec eux du problème qui prenait forme à l’intérieur même de l’événement. En quelques semaines, nous avions fait le plein d’exemples concrets d’intolérances et de peurs non raisonnées au sein de notre propre groupe.

C’était assez pour toucher leur intelligence et imager la problématique qui semblait désormais moins abstraite.

Jusqu’au jour même du projet du Lip dub, nos doutes persistaient tout de même et nous avions de la difficulté à entretenir la discussion avec les jeunes pour qu’ils participent. On sentait qu’ils étaient frileux. Néanmoins, le jour de l’événement, on a assisté à un véritable effet boule-de-neige lorsque les premiers jeunes ont décidé de participer en incitant leurs amis à en faire autant. La vapeur était littéralement inversée et les jeunes s’influençaient en bien, cette fois.

Le résultat était beau à voir. Contre toute attente, nous étions une trentaine à participer et même si certains jeunes émettaient des réserves, il reste qu’ils ont su faire la différence entre s’afficher comme homosexuel et être contre l’homophobie.

Même si l’on a pu croire brièvement qu’ils étaient conditionnés à réprimer ce genre d’événement, on peut déduire de cette expérience qu’ils savent être compréhensifs et surprenants dans leur manière de se mobiliser instantanément.

Dans le chaos de leur cheminement d’adolescence, on a été témoins de leur sensibilité et de leur intelligence. Nous étions tous fiers de faire partie de leur maison des jeunes et ça nous a donné envie de leur donner plus d’occasions d’échanger et de s’exprimer. * Très à la mode depuis l’année dernière; vous n’avez qu’à regarder le nombre de visionnements du maintenant célèbre Lip-Dub de l’UQAM sur l’air de «I Gotta Feeling».

L'équipe de l'Espace-Temps

Lien vers le lip-dub de l’UQAM...

http://www.youtube.com/watch?v=-zcOFN_VBVo www.gai-ecoute.qc.ca teljeunes.com/

Organisations: Maison des Jeunes d’Outremont, UQAM

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires