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Beau temps pour…

Michel Vézina

Michel Vézina

Publié le 20 Mars 2012
Montréal Express
Publié le 20 Mars 2012

Voyez-vous ça, vous? Y s’met à faire beau. Déjà une semaine que personne ne s’est plaint, à part peut-être quelques producteurs de sirop d’érable qui eux, ont bien raison de se plaindre cette année. Ça coule à peine, quelques gouttes, plouc, plouc, plouc…

Sujets :
Union des artistes , SQ , Rosemont , Montréal

Le sirop va être rare (et cher) ce printemps, je vous le dis.

…de l’urbanité et de la boiserie…

En campagne en fin de semaine, en arrivant chez mon ami Urbain Desbois, il nous a fait entendre une première version d’une nouvelle chanson.

Ça a fait un tel bien! Dans sa maison qui travaille plus que lui, son sourire tout entier, en train de mixer sa nouvelle trouvaille.

Écoutez la version finale : http://bit.ly/GBgZQi

J’aime ça. J’aime beaucoup ça. Faut commencer à rocker la patente un peu, les amis.

Et on a ouvert officiellement la saison du pastis. Petite dégustation, du Berger, du Combier et du Ricard. Avis unanime : devinez.

Dans deux des cas nous avons chanté : Cette offre est refusée!

…les moratoires…

« Par ailleurs, l'Union des artistes s'est officiellement prononcée publiquement hier dans le débat, demandant au gouvernement de décréter un moratoire sur la hausse des droits de scolarité, le temps de réfléchir davantage. » (http://bit.ly/AnTj0G)

Qu’est-ce que c’est que cette demande farfelue? Il est fini le temps des moratoires! Le gouvernement n’avait qu’à fermer sa trappe. Il a voulu ouvrir la box, eh ben lejack est out!

Maintenant, ce qu’on veut, c’est un vrai projet de société où l’éducation, toute l’éducation, sera gratuite.

Selon mes calculs (et je suis loin d’être fort là-dedans), la hausse des frais de scolarité rapporterait entre 250 et 400 millions de dollars à l’État. D’accord. Je fais juste rappeler que si ma mémoire est bonne, ça correspond à peu près à la catastrophe de l’Îlot voyageur, non?

Bon, si je fouille un peu, je comprends que les coûts de nos services de police se montent à plus de 2 milliards de dollars par an, SQ et service municipaux confondus.

Je propose que nous réduisions ce poste budgétaire de 12 à 20% et le tour sera joué pour l’éducation.

…les chars de flics, tiens…

C’est drôle, vous ne trouvez pas? À chaque manif, il y a toujours une voiture de police parquée en plein milieu de la place. On dirait qu’il la mette là exprès pour que les manifestants la virent à l’envers. Je serais curieux de savoir comme il la choisisse…

Il s’agirait d’un citron, d’une vieille carne dont les flics veulent se débarrasser, de celle que plus un patrouilleur ne veut conduire, que ça ne m’étonnerait presque pas.

Comme ça, c’est les assurances qui paient…

…les poulets…

Non, je ne fais pas ici un lien entre la police et les poulets.

Je veux simplement parler du poulet que je mange. Depuis une vingtaine d’années, quand j’ai su comment les poulets étaient engraissés (je ne parle pas d’élever, là, il n’y a aucune trace d’élévation, qu’on les bénisse ou non, je parle d’engraissage, de rendre plus gros), j’ai arrêté d’acheter du poulet.

J’en ai d’abord élevé, en campagne, pas dans Rosemont. Des gros poulets blancs libres qui se nourrissaient dans le champ d’herbes, et maïs en grain broyé dans de petites auges.

À la fin de l’été, est venu le temps de les tuer, parce que bon. Même si on leur avait fourni des conditions de vie exceptionnelles, fallait bien qu’ils y passent un jour. C’était le but de la patente.

On y a réfléchi et, finalement, la manière la plus simple et la moins cruelle consistait à les étourdir un peu en les tenant par les pattes et en les faisant tourner au bout de notre bras tout en les remerciant de leurs loyaux services. Puis on leur coupait la tête d’un bref coup de hache.

Cloc, finis les poulets.

On les plumait et on les vidait ensuite, on les lavait et on les mettait dans des sacs en plastique et hop, au congélateur.

C’était ce qu’appelle Alain Mabanckou des « poulets bicyclettes ».

Je n’élève plus de poulet, mais j’ai des amis qui le font encore et c’est à eux que j’achète mon poulet. Je sais qu’il a bien vécu, qu’il est bien mort et qu’il goutte bon.

Et si on a prié pour lui, peu importe dans quelle langue, je m’en contrefous.

Le scandale n’est pas dans la manière de mourir, mais dans les conditions de vie.

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