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Force présente et «avenir»

Force présente et «avenir»

Force présente et «avenir»

Olivier Arbour-Masse
Publié le 15 Avril 2009
Publié le 7 Avril 2010
Olivier Arbour-Masse

Samuel Huppé, atteint de paralysie cérébrale, est le premier élève handicapé à fréquenter l’école Pierre-Laporte. Quand il a mis la roue au secondaire, en 2007, la polyvalente n’était pas disposée à recevoir un élève en chaise roulante. Un an et demi plus tard, sa persévérance est saluée par le gouvernement canadien, qui lui remet la bourse Forces avenir.

Sujets :
école Marie-Favrie , Pierre-Laporte

Au primaire, Samuel fréquentait l’école Marie-Favrie. Cette institution publique régulière a pour mandat d’intégrer les handicapés. La réalité est tout autre à Pierre-Laporte, mais Samuel souhaitait à tout prix aller à son école de quartier, où il étudie dans le programme enrichi «Littérature, langue et science». «Il aurait pu se plaindre, mais il fait preuve d’une grande maturité et n’est pas demandant», explique Christina Vrobel, son accompagnatrice. C’est avec son aide et celle de la direction que Samuel a développé, au fil des obstacles, des solutions pour faciliter son quotidien.

Des gestes qui paraissent simples pour la majorité des adolescents prennent une tournure complexe pour Samuel. À la cafétéria, par exemple. Des problèmes de dextérité lui compliquaient la tâche lorsque venait le temps de payer. «Ça me gênait de faire attendre les gens derrière», se souvient-il. Désormais, il quitte sa classe cinq minutes plus tôt et peut déposer ses sous dans une pochette ajoutée à sa chaise roulante.

Passer à son casier devient un casse-tête lorsqu’on se déplace en chaise roulante. Enfiler et enlever son manteau relève de l’exploit. Il a choisi de se tourner vers ses pairs pour demander de l’aide plutôt que de se fier à son accompagnatrice. «Au cégep, il n’y a pas d’intervenants, alors je dois bien commencer à me débrouiller seul», affirme-t-il, avec une facilité à s’exprimer et une lucidité étonnante pour un garçon de 14 ans.

En général, ses pairs réagissent bien. «La plupart sont très gentils et patients», rapporte-t-il.

Et cela se répercute aussi à l’extérieur des corridors. Lors des travaux d’équipe, ses coéquipiers viennent chez lui pour lui éviter des déplacements ou lui donnent rendez-vous à la bibliothèque, munie d’une rampe d’accès.

Il faut dire que Samuel le leur rend bien. «Il aide les autres en classe, rapporte Christina Vrobel. C’est un élève modèle. Il est organisé. C’est un bollé!»

Samuel esquisse une grimace de désaccord en entendant ce qualificatif, si peu populaire chez les adolescents. «J’ai des bonnes notes, mais je suis content quand je n’ai pas de devoirs et que je peux faire autre chose», précise-t-il.

Une grande maturité

«Samuel est très mature. Plus que les jeunes de son âge», commente Mme Vrobel. Son handicap y est pour beaucoup. Les obstacles qu’il a dû franchir ont forgé son caractère.

Il revient tout juste d’une convalescence de six mois. Une opération l’a contraint à s’absenter de l’école. «À l’hôpital, j’ai appris à être indépendant. Je n’aimais pas la nourriture, alors je descendais à chaque dîner pour aller m’acheter un repas à la cafétéria», se souvient-il.

Une autre particularité le distingue de ses confrères de classe. À un âge où avoir une relation harmonieuse avec ses parents n’est ni «cool», ni commun, Samuel confie que, pour lui, «passer du temps avec [ses] parents, c’est sacré».

Sa grande maturité se constate aussi dans l’attitude qu’il adopte face à son handicap. «Il y a au moins un avantage à souffrir de mon handicap: ça me permet de voir les choses différemment», explique-t-il. Par exemple, un escalier. Les gens n’y voient aucun problème. Pour lui, c’est un obstacle. «Mais je suis un ado quand même», tient-il à préciser. Un ado qui aborde sa différence avec philosophie. Il croit que son handicap n’est pas innocent. «Il y a une raison pour laquelle je suis handicapé. Je veux la découvrir et c’est pour ça que je ne me décourage pas», lance-t-il, convaincant.

En effet, il n’abandonne jamais. Il est même très actif physiquement, pratiquant plusieurs sports: le ski (le biski), le basketball, le badminton et l’escrime.

Sa persévérance a été saluée récemment lorsqu'il a mérité une bourse Forces avenir d'une valeur de 500$ dans la catégorie «Élève persévérant». «J'ai été surpris et très fier. Mais je n'aime pas m'en vanter», souligne-t-il, modeste. Lors du gala le 14 juin, il aura la chance de mettre la main sur une autre bourse de 500$ remise à un des six élèves primés dans sa catégorie.

Sa persévérance aidera Samuel à réaliser ses rêves. Plus tard, il souhaiterait être avocat, travailler dans le domaine des jeux vidéo ou devenir metteur en scène. Déterminé comme il est, il aura assurément l’embarras du choix!

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