Quelques prédictions du scrutin

Michel
Michel Joanny-Furtin
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Les non-dits de la campagne électorale

À dix huit jours du scrutin électoral du 4 septembre prochain, qui se déroulera malheureusement encore avec le mode de scrutin actuel, le Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN) prédit déjà la répétition de plusieurs distorsions et iniquités qui continueront à ronger le coeur de notre démocratie représentative.

Élections

Nous prédisons que…

Des centaines de milliers de personnes perdront encore leurs votes. Lors de l’élection de 2008, c'est 1 549 915 votes valides qui se sont perdus sur 3,2 millions de votes valides. Et la situation était pire encore en 2007, avec 2,2 millions de votes perdus. Ces votes sont perdus parce qu'ils n'ont pas du tout été considérés dans les résultats. Selon les régions, le pourcentage de votes perdus a varié entre 41% et 62%, lors des deux dernières élections.

Le portrait de l'Assemblée nationale ne reflètera pas celui que la population aura dessiné par son vote populaire. On assistera encore à des distorsions par la surreprésentation des partis établis au détriment des tiers partis.

La composition de l'Assemblée nationale ne sera pas encore égalitaire. Les femmes demeureront toujours sous-représentées. En 2008, les femmes n'occupaient que 29,6% des sièges, c'est-à-dire 37 députées.

La diversité ethnoculturelle demeurera encore gravement sous représentée (12 personnes élues en 2008).

Dans plusieurs circonscriptions, les personnes élues ne recevront pas au moins 50% des votes. Elles ne seront donc pas représentatives d'une majorité d'électeurs et d'électrices de la circonscription.

Pour que leurs votes aient un effet, un grand nombre d'électeurs et d'électrices se trouveront encore obligées de "voter stratégique" ou "voter utile", c'est-à-dire leur deuxième choix parce que ce parti aura de meilleures chances de défaire le parti qu'ils et qu'elles aiment encore moins!

Les tiers partis, qui représentent des courants politiques tout ˆ fait légitimes et souvent innovateurs, même s'ils récoltent un nombre important de votes, seront encore peu ou pas représentés à l'Assemblée nationale.

Bien des Québécois et Québécoises, résidant dans des circonscriptions "châteaux forts" des grands partis, continueront encore à perdre systématiquement leur élection et cela pour le restant de leur vie! À moins de déménager… ou de changer de mode de scrutin. Dans la plupart des régions, la représentation régionale ne sera pas conforme à ce que la population aura décidé lors du vote, et on assistera encore à la monopolisation du pouvoir par un parti au mépris d'un vote populaire diversifié.

Ainsi il y aura encore de "véritables déserts démocratiques" où la représentation deviendra une fiction pour des milliers de citoyens et citoyennes qui n'auront pas voté pour le parti vainqueur.

Des milliers de citoyens québécois n'iront pas voter. En 2008, 2 442 897 personnes en droit de voter ne l'ont pas fait, soit parce qu'elles ne croient pas à cet exercice démocratique, soit parce qu'aucun des candidats en lice ne leur conviendra ou parce qu'elles auront estimé que ça ne valait pas la peine parce que leur vote ne fera aucune différence dans le résultat, en somme qu'il sera "perdu d'avance".

Tous ces maux se répèteront d'une élection à l'autre tant que le mode de scrutin actuel, majoritaire uninominal à un tour, "un miroir déformant les aspirations populaires", ne sera pas remplacé par un mode de scrutin donnant des résultats proportionnels où chaque vote compte vraiment.

Durant la campagne électorale, la population est en droit de savoir ce que les partis politiques envisagent pour soigner durablement la démocratie québécoise. Le MDN demande donc à tous les partis politiques de faire connaître publiquement leurs positions sur la réforme du mode de scrutin.

Pour ce faire, les partis pourront s’inspirer de la proposition du MDN soit un modèle proportionnel mixte compensatoire accompagné de mécanismes pour améliorer la représentation sous toutes ses facettes dont les détails apparaissent sur le site www.democratie-nouvelle.qc.ca.

Le Conseil d'administration du MDN : Rose Burelle, secrétaire-trésorière; Jean-Sébastien Dufresne, vice-président; Francis Lagacé, Conseil central du Montréal métropolitain/CSN; Lise Mercier; Robert Martin, Conseil régional FTQ Montréal métropolitain; Myrlande Pierre, vice-présidente; Gérard Talbot, et Mercédez Roberge, conseillère spéciale MDN.

www.democratie-nouvelle.qc.ca

Organisations: Assemblée nationale, MDN, Burelle CSN Conseil régional FTQ Montréal métropolitain

Lieux géographiques: Montréal

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