Qui détient le monopole du «séparatisme»?

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Hassidime d'Outremont, Cheskie Weiss répond à Mariclaude Ouimet

Dans une lettre publiée dans la rubrique Tribune libre de L'Express d'Outremont (6 juillet 2011), Mariclaude Ouimet écrit: «Il ne faut pas oublier que les Hassidim sont des ultra-orthodoxes animés par des règles de vie strictes et par une très forte volonté de séparatisme social.»

Selon Cheskie Weiss, «les enjeux relèvent de l'impression que nous sommes à part de la société…» (Photo: Thinkstock)

Elle continue en expliquant comment nous enseignons à nos enfants à ne pas interagir avec le reste de la société, comment nous avons construit des écoles séparées, des boucheries et poissonneries séparées cachères.

En lisant ces mots, il devient clair que les questions sous-jacentes au conflit ne sont pas ce que font les Hassidims, mais plutôt qui nous sommes. Tous les autres enjeux relèvent de ceci, de l'impression que nous sommes à part de la société, que nous sommes «les autres», qui s'acharnent à ne pas s'intégrer.

Ceci justifie d'étiqueter tout ce que nous faisons comme étant illégal et si quelque chose n'est pas encore illégal, alors bon, des règlements devraient être rédigés afin de la rendre illégale. Et puis vient la meilleure partie : On va aux médias afin de claironner l'insouciance des Hassidim envers la loi.

Voici quelques questions pour Madame Ouimet à propos du séparatisme:

- Qui plus que les Québécois comprennent l'importance de préserver une culture ?

- Qui plus que les Québécois comprennent l'importance des « règles strictes » pour renforcer une « langue sainte » ?

- Qui plus que les Québécois comprennent la valeur d'apprendre aux enfants qu'ils sont distincts à leur manière ?

Qui plus que les Québécois comprennent l'importance de préserver une culture? Cheskie Weiss

- La culture juive - qui précède la culture Québécoise par des milliers d'années - ne vaut-elle pas d'être préservée elle aussi ? Attendiez-vous de nous « intégrer » et d'abandonner notre religion ?

- Nous respectons votre culture, nous ne demandons à personne de changer leur mode de vie. Pourquoi ne pas respecter notre choix de préserver notre héritage ?

C'est vrai qu'il y a des différends au sujet du stationnement, du bruit et du trafic. Mais c'est seulement quand vous nous considérerez comme des simples voisins et non des étrangers malicieux qu'il y aura place pour le dialogue et la compréhension.

Alors il sera clair que la majorité de ces discussions ne sont que le résultat naturel de l'insertion d'une communauté encore jeune au sein d'une communauté plus ancienne et établie depuis plus longtemps.

Et bien entendu, nous, les Hassidim, devons nous améliorer à expliquer qui nous sommes vraiment.

Cheskie Weiss, une hassidime d'Outremont

Lieux géographiques: Outremont

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Derniers commentaires

  • Jean De Julio-Paquin
    27 juillet 2011 - 17:52

    Selon mon point de vue, la réponse de madame West au texte de madame Ouimet constitue un détournement de sens. Je crois qu'elle entremêle ce qu'est la défense d'une religion versus la défense d'une langue: c'est pourquoi ses comparaisons me semblent inappropriées dans le contexte. De même, je ne pense pas que la communauté hassidique doit se cantonner dans la réclusion pour protéger sa culture. À mes yeux, il serait souhaitable qu'elle puisse interagir avec son environnement extérieur sans pour autant se sentir en danger. Pour ma part, ça commence par la municipalité. À cet effet, il serait intéressant que l'arrondissement puisse développer un programme de médiation culturelle avec les communautés qui habitent son territoire. Déjà en 2009, un rapport de la ville de Montréal intitulé Diagnostic du réseau municipal de diffusion culturelle, incitait l'arrondissement à s'investir davantage dans des activités de médiation culturelle auprès des communautés culturelles présentes sur son territoire. Sachant que les hassidims représentent de loin la communauté culturelle la plus nombreuse, est-il possible que le Service des loisirs et de la culture de l'arrondissement développe un programme de médiation spécifiquement auprès d'eux: par exemple, la mise sur pied de programmes scolaires ou autres impliquant une collaboration avec les institutions culturelles de l'arrondissement, (C.C.I, galerie d'art, Société d'histoire d'Outremont, etc...)? Est-ce que de tels programmes existent déjà? Bref, c'est à définir mais j'ose croire que mes réflexions méritent une attention. C'est pourquoi je souhaite que les personnes qui se sentent concernées par les opinions de madame West et de madame Ouimet (élus, administrateurs municipaux ou simples citoyens) puissent minimalement en tenir compte pour le futur. Jean De Julio-Paquin, Outremont

  • Yossi
    26 juillet 2011 - 20:23

    Merci de poster des "Hassidime d'Outremont, Cheskie Weiss Repond à Mariclaude Ouimet« J'ai été heureux de voir votre papier donnant la chance pour les hassidim d'expliquer leur version