Les Canadiens sont habitués à voir leurs premiers ministres se tenir debout devant leurs homologues américains.
L’intelligence de Pierre Trudeau versus ce que Richard Nixon avait. « No contest! » Bien que Brian Mulroney ait tourné moins de films que Ronald Reagan, au moins il pouvait parler sans être scripté.
Jean Chrétien était meilleur au golf que son bon ami Bill Clinton. Par contre Clinton avait des talents cachés.
Cette semaine la différence entre les deux hommes était particulièrement évidente. Même quand ils marchaient ensemble.
Obama y allait de grandes enjambés, confiant, regardant en haut et en bas pendant que Harper se dandinait maladroitement, comme un canard en couche-culotte.
La popularité des deux hommes est bien différente.
Un récent sondage révèle que 82 % des Canadiens sont d’accord avec ce qu’Obama fait pour l’économie contre 26 % pour Harper.
L’image de Harper que nous avons de sa connaissance de la crise économique remonte aux débats des chefs durant la dernière campagne électorale. Harper est resté assis sur ses mains, sourire figé, immobile et muet pendant que tour à tour, Gilles Duceppe Stéphane Dion et Jack Layton lui tombaient sur la tête avec leurs stratégies et plans d’action.
Mais détrompez-vous, l’image compte pour beaucoup pour Harper qui a même sa coiffeuse personnelle, Michelle Muntean, payée par les contribuables. Elle doit le suivre partout afin que ses cheveux restent en place, pour un « look » de petit bonhomme « Logo. »
Obama lui, a les cheveux coupés courts, presque au ras de la tête. Il n’a pas besoin de peigne!
Harper est prévisible. Il ne fait rien en public sans que le scénario soit soigneusement préparé d’avance, et contrôler jusqu’au plus petit détail.
Lors de sa visite cette semaine Obama s’est esquivé au Marché By à Ottawa, pendant quelques minutes, à la grande consternation de ses gardiens de sécurité. C’était pour acheter des biscuits feuille d’érable, un régale pour ses deux filles qu’il gâte avec des friandises partout ou il passe.
Chez Grant Hooker, Obama a goûté à la spécialité de la maison, une « queue de castor » (une pâte de beignet, de forme ovale, cuite dans l’huile bouillante, puis roulée dans le sucre et la cannelle ou servie avec du sirop d’érable.)
Plus tard lorsque ses hôtes lui ont demandé s’il en avait déjà dégusté, il a répondu que non, mais qu’à Chicago, il existe un délice qui remplit les artères aussi bien, a-t-il répondu.
On peut pardonner à Harper le fait qu’il n’ait pas le charisme d’Obama. Stéphane Dion ne l’avait pas non plus, et il est presque devenu Premier ministre. Mais ce qui est plus dur à avaler c’est la mesquinerie de Harper autour de la visite.
Harper avait peur de se faire voler la vedette par la Gouverneure-générale Michaëlle Jean ou par le Leader Libéral Michael Ignatieff, ami intime de plusieurs conseillers d’Obama.
Incapable d’empêcher ses rencontres, Harper avait toutefois interdit les photos. Madame Jean a fait fi des directives du Premier ministre, allant jusqu’à émettre son propre communiqué de presse invitant les journalistes à sa rencontre avec Obama.
Harper n’était pas sans marquer un point et nous rendre fiers lorsqu’il a su interpréter les positions d’Obama sur les échanges commerciaux et la lutte aux gaz à effet de serre, en faveur du Canada.
Lors de la conférence de presse Harper a fait semblant que ça fait longtemps qu’il est en faveur de combattre les gaz à effet de serre et les changements climatiques.
Ceux parmi nous qui avons toujours l’utilisation de leur mémoire et qui se rappelleront les attaques répétées de Harper durant la dernière campagne électorale contre l’accord de Kyoto et le Tournant Vert de Stéphane Dion.
Maintenant Harper est tout en faveur du Tournant Vert d’Obama et s’est déclaré même prêt à participer à la prochaine ronde de discussions sur l’accord Kyoto, qui se tiendra à Copenhague en 2011.
Obama lui fit un large sourire, et l’a remercié poliment.
Pas fou ce Harper, a dû se dire Obama, même engoncé dans son habit mal ajusté. Deux poids, deux mesures?
Harper et Obama : deux poids… lourds
Pauvre Harper. Il faisait piètre figure à côté de son vénérable visiteur américain, Barack Obama.
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