À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida du 1er décembre, le Conseil québécois des gais et lesbienne (CQGL) s’inquiète de l’augmentation des infections transmissibles sexuellement (ITS) au Québec.
Et comme l’un des meilleurs moyens de prévention demeure toujours l’éducation, le CQGL demande au gouvernement du Québec réintégrer les cours d’éducation sexuelle dans le cursus scolaire régulier et ce, dès le primaire.
« Il est démontré que l’augmentation du nombre de ITS est plus prononcée chez les jeunes Québécoises et Québécois. C’est à l’adolescence, dès les premiers rapports sexuels que de saines habitudes doivent être pratiquées. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et réintégrer les cours d’éducation sexuelle dans le programme scolaire », fait valoir le président-directeur général du CQGL, Steve Foster.
À ce sujet, le Conseil se base sur le dernier rapport de l’UNESCO, datant de juin 2009, «Directives internationales sur l’éducation sexuelle : une approche pour une sexualité harmonieuse et une éducation préventive face au VIH et les ITS», un texte qui prône une éducation sexuelle en milieu scolaire dès l’âge de 5 ans, soit dès la maternelle, et qui soit adaptée à chaque groupe d’âge.
«La recherche effectuée dans le monde entier indique clairement que l’éducation sexuelle en bas âge ne mène pas à une activité sexuelle précoce. Au contraire elle responsabilise les jeunes qui retardent leurs premières expériences sexuelles et optent pour des pratiques sécuritaires. Elle leur permette d’obtenir une information scientifiquement éclairée, dénuée de préjugés (souvent véhiculés par leurs pairs ou les médias) et appropriée à leur âge », soutient le document de l’UNESCO.
De plus, ce rapport ajoute qu’il est important que l’éducation sexuelle en milieu scolaire inclut la sensibilisation à la diversité des orientations sexuelles et identités de genre. « La sécurité des étudiants dans leur environnement scolaire doit être renforcée par des politiques de lutte à l’homophobie et à la transphobie et être inclues dans le programme scolaire », est-il souligné.
« Il est en effet des plus important de démystifier l’homosexualité et la transsexualité à l’école afin que les jeunes se sentent confortables dans leur orientation sexuelle ou identité de genre, fait valoir Steve Foster. Car, comme il a été démontré dans une étude effectuée en Colombie-Britannique, les jeunes LGBT courent un risque plus élevé de tomber enceintes ou de causer une grossesse que leurs pairs hétérosexuels, en raison de la pression qu’ils subissent afin de cacher ce qu’ils sont. La discrimination, les agressions sexuelles et le harcèlement auxquels font face ces adolescents peuvent les inciter à avoir plus de comportements à risques, comme ne pas utiliser le condom, avoir des relations sexuelles avant l'âge de 14 ans ou multiplier les partenaires sexuels. »
Steve Foster, Président-directeur général