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Thierry Bourdeau
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De nos jours, les bénévoles qui ne comptent plus les heures se font de moins en moins nombreux. Heureusement, quelques-uns ont le bénévolat dans le sang, mais rares sont ceux de la trempe de Stéphane Robitaille.

Stéphane Robitaille porte souvent son chapeau de bénévole. Il a même arboré l’uniforme de la mascotte Pointo quelques fois. (Photo: Patrick Deschamps)

Comme c’est le cas pour bien des parents, il est devenu bénévole lorsque ses enfants ont joint les rangs d’une association sportive, en 1995. Et pour lui, pas question de demi-mesure. Directeur de niveau au hockey mineur, M. Robitaille a également assumé à tour de rôle les fonctions d’entraîneur au hockey, à la ringuette, au baseball et à la balle-molle.

En 2006, M. Robitaille est nommé vice-président du hockey à Pointe-aux-Trembles, jusqu’à ce qu’il prenne la tête de l’organisation, trois saisons plus tard. Depuis ce temps, son travail professionnel (directeur général chez Bingo Vézina) occupe presque un rôle secondaire dans son quotidien. Surtout lorsqu’il co-préside le tournoi de hockey pee wee les Pointeliers, qui a pris fin dimanche.

« Durant les deux semaines du tournoi, c’est 70 heures au bureau et 140 heures à l’aréna. Je ne suis pas obligé d’être toujours sur place, mais c’est dans ma personnalité. En tant que président, c’est l’image que je veux donner à mes bénévoles. »

Son rythme de vie est le même presque toute l’année. Jour et soir, il reçoit constamment des appels. « C’est du sept jours sur sept. Je suis sollicité un peu tout le temps, mais ça fait partie de la "game". Même l’été, j’ai de la misère à tondre mon gazon au complet », affirme-t-il, pince-sans-rire.

En vivant à une telle cadence, il est normal de tirer de la langue, mais on s’y fait, selon l’homme de 46 ans. « Je ne ressens pas vraiment la fatigue. Le bénévolat est devenu une routine pour moi, mais j’admets que je ne prends pas beaucoup de vacances. Il faut être fou! », ricane celui qui refuse de croire qu’il en fait plus que les autres.

Un déclin de bénévoles

Stéphane Robitaille est d’avis que le bénévolat n’est pas en voie de développement, bien au contraire. Selon lui, il est maintenant plus difficile de changer cette tendance décroissante.

« Aujourd’hui, les gens ne veulent plus donner du temps gratuitement et encore moins gérer des problèmes additionnels », explique-t-il.

En prenant le hockey pour exemple, les jeunes évoluant dans les catégories inférieures attirent moins les bénévoles. « J’ai de la misère à trouver des entraîneurs dans les classes simples lettres (A et B). Je ne vois pas encore la relève », déplore M. Robitaille.

Un homme d’influence

Outre ses multiples fonctions exercées dans la Pointe-de-l’Île, Stéphane Robitaille est également l’un des artisans de l’implantation du réseau de hockey féminin à Montréal. Il qualifie d’ailleurs cette mise sur pied de sa « plus grande réalisation » comme bénévole dans le monde du sport.

C’est pourquoi, avec une feuille de route aussi garnie, ses idées ont pris du poids. Notamment lorsque l’arrondissement Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles a tenté de réduire les heures de glace dans ses arénas. Cette initiative avait soulevé l’ire de Stéphane Robitaille, qui s’y était promptement opposé. Ce dernier a finalement fait valoir ses points et l’arrondissement a rectifié son tir.

D’ailleurs, il n’en fallait pas plus pour qu’il reçoive un coup de fil de la mairie d’arrondissement, qui était intéressé à ses services comme conseiller municipal. Toutefois, lors des dernières élections, M. Robitaille n’a pas été élu. « C’est dommage, car je suis convaincu que j’aurais été capable de faire avancer bien des projets », conclut-il.

 

 

Stéphane Robitaille en 3 questions

Qui est votre modèle? « Mon grand-père, qui avait comme devise : l’avenir est à ceux qui se lèvent tôt. Il m’a donné une éthique rigoureuse, autant au travail que comme bénévole. »

Quelle est votre plus grande réalisation? « Le hockey féminin. Nous avons été en mesure de mettre trois associations concurrentes ensemble. Je dirais que dans les cinq dernières années, le hockey féminin a connu un essor incroyable à Montréal. »

Si vous pouviez changer une seule chose dans le monde? « Je changerais l’injustice qu’il peut y avoir un peu partout, non seulement au niveau du bénévolat, mais dans toutes les sphères où ça peut s’appliquer. »

Lieux géographiques: Pointe-aux-Trembles, Montréal, Arrondissement Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles

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