Don Watanabe: fédérer les Japonais

Sylvain
Sylvain Sarrazin
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Dix livres; soit quatre kilos environ. Voilà ce que Don Watanabe a perdu en moins de six semaines, résultat d'un investissement inconditionnel. En contrepartie, il a contribué à prouver que, dans l'urgence, la communauté japonaise de Montréal faisait le poids.

Don Watanabe a été président du Centre culturel japonais de Montréal durant deux ans. Il a grandement participé à l'orchestration des dizaines de collectes de fonds locale organisées à Montréal. (Photo: Alarie photos)

Mais pas facile de canaliser l'énergie incroyable déployée localement aussitôt que l'archipel s'est trouvé aux prises avec l'une des plus graves crises de son histoire, le 11 mars.

M. Watanabe, engagé depuis une décennie au sein du Centre culturel japonais de Montréal, dont il a été notamment le président entre 2009 et 2011, a dû orchestrer les innombrables initiatives qui ont fleuri au lendemain de la catastrophe.

«Au moins 35 événements ont été organisés sur l'île dans les semaines suivant le séisme. Les trois premières fins de semaine, il y avait trois ou quatre événements simultanés par jour. C'était non-stop!», raconte ce Montréalais issu de la troisième génération d'une famille nippone immigrée au Canada.

Son rôle fut de coordonner les activités de collecte de fonds, d'apporter son soutien à titre de représentant du centre culturel, ainsi que d'intervenir auprès des médias. Bref, un travail bénévole à plein régime, qu'il a dû combiner avec ses activités de recherche scientifique – M. Watanabe travaillant dans le domaine de la réadaptation pour les personnes souffrant de basse vision. «C'était comme occuper un deuxième emploi à temps plein», rapporte-t-il.

Fonds sur fond de tensions

Toutes les composantes de la communauté japonaise de Montréal (qui regroupe 5000 personnes environ), comme la troupe Arashi Daiko, armée de ses tambours japonais Taiko, ont immédiatement été sur le pied de guerre. Même les autres communautés – haïtienne, vietnamienne ou encore chinoise – se sont proposées pour mettre la main à la pâte.

Fruit de ces efforts combinés: on estime à 200 000$ la somme récoltée et transmise à la Croix rouge canadienne, puis relayée à son homologue japonaise.

«L'idée initiale était de mettre sur pied un événement commun, mais ce n'était pas faisable», évoque Don Watanabe, qui a dû composer avec certaines dissensions au sein des différents groupes ou générations. «Comme dans toute communauté culturelle, il y a des tensions. J'ai toujours essayé de faire passer ce message: "Nous avons plus en commun que nous le pensons."»

Un message qui semble avoir fait son chemin au gré de cette épreuve, qui a soudé un peu plus les Nippons de Montréal. C'est que M. Watanabe n'a pas pris son rôle à la légère; maintenant que sa mission s'avère accomplie, laissons-lui récupérer ses livres perdues dans la bataille!

Don Watanabe en 3 questions

- Qui est votre modèle?

«Shigeru Futamura. Il a été un leader dévoué de notre communauté, et l'une des rares personnes à pouvoir travailler avec tous les groupes.»

- Quelle est votre plus grande réalisation?

«J'ai accepté un emploi en Afrique où j'ai travaillé pendant cinq ans. C'était très risqué, et j'en suis sorti complètement changé.»

-Si vous pouviez changer une seule chose?

«Que la communauté japonaise de Montréal réalise que ses différentes parties ont beaucoup en commun. Nous avons tous vécu des phénomènes semblables, eu des vies qui recommencent à zéro.»

 

Cette année, le festival japonais Matsuri Japon 2011 aura lieu le 13 août de 12h30 à 21h30, au Centre culturel japonais, situé au 8155, rue Rousselot, à Montréal.

Organisations: Centre culturel japonais de Montréal

Lieux géographiques: Montréal, Canada, Afrique

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