Et si les aînés et les jeunes appréciaient ensemble une pièce de théâtre ? Et s’ils passaient le reste de l’après-midi à en parler autour d’un goûter ? À peine pensé, déjà organisé (Ah, cette Lucie…). C’est cette idée que la Résidence Outremont et l’école Guy-Drummond ont mis en place jeudi dernier en recevant la troupe du Théâtre de l’Axe qui présentait «Tocatte et Fugue», une pièce mettant en scène deux femmes, une jeune fugueuse de 13 ans en révolte contre la société et une dame âgée et méfiante.
La rencontre improbable de ces deux personnages leur permettait à l’une comme à l’autre de retisser ces liens sociaux nécessaires pour avancer dans la vie, peu importe l’âge. Comme quoi une amitié peut naître entre une jeune fille et une dame de 80 ans. Un propos fort circonstanciel…
Cette activité a pu être possible grâce à l’énergie de Line et aux bons réseaux qu’elle a pu mettre en place, dans le cadre de la semaine «l’Amitié n’a pas d’âge», avec Nancy Therrien de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, et les écoles du quartier comme Querbes et Drummond.
Pour Line Vincelli, ce type d’activités est un des nombreux éléments utilisés par sa «petite auberge pour ainés», car c’est ainsi qu’elle appelle la Résidence Outremont qu’elle dirige, pour valoriser la qualité de vie de ses résidents.
«Il faut revenir aux vraies valeurs de la chaleur humaine», défend Line, infirmière de métier qui s’est investie sans mesure dans ce projet. «Les activités que nous organisons ne sont pas là pour les tenir occupés mur à mur, mais pour leur redonner ce sentiment de se sentir utile malgré la retraite et l’éloignement des réseaux sociaux que certains vivent difficilement», explique Line Vincelli. «Nous essayons le plus possible de maintenir des liens avec la communauté d’Outremont en créant ce type de rencontres. Comme ce fut le cas avec l’organisme «Assistance maternelle» qui aide les jeunes mamans immigrantes. Nos résidents ont passé une après-midi a discuter avec des femmes des quatre coins du monde, dont certaines étaient voilées, à donner des biberons et à serrer des nourrissons dans leurs bras qui n’en avaient pas porté depuis de longues années. Pour certaines résidentes qui sont célibataires, c’était magique. Depuis, d’autres résidentes ont pris le temps de tricoter...»
