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Une chronique de Michel Vézina

Fraicheur de nuits campagnardes d’une fin d’été. Les sorties du lit sont plus longues : je me laisse languir dans la seule chaleur de mon propre corps. Pas un son dehors tandis que le soleil se met à chauffer ma roulotte. Il a fait trois degrés dans la nuit de samedi à dimanche : j’aurais du chauffer. Ou peut-être rester en ville.

(Photo: archives)

Pendant que j’attends la chaleur du jour, je me demande…

Je doute.

Cette campagne électorale m’a t-elle donnée quelque chose?

Non. Rien.

C’est aujourd’hui que nous votons et c’est aussi, selon certaines définitions de la démocratie, aujourd’hui et seulement aujourd’hui que nous exerçons notre pouvoir en le donnant à un représentant. À partir de demain et jusqu’à la prochaine fois : nos gueules! Je n’aime pas ça.

Nous avons eu une campagne de chefs : imaginez le reste, les autres, les candidats qu’on n’a pas vus…

Mardi matin, tout seul en face de mon bulletin, je sais que je serai incapable de voter stratégique et de voter PQ.

J’espère ne pas le regretter.

Vide de sens

J’entends et je lis que nous avons eu droit a une campagne excitante, alors qu’aucun enjeu réel n’a été débattu, interpellé ou même abordé. Zéro philo, zéro histoire, zéro géographie, zéro socio, zéro culture, zéro pensée : zéro zéro zéro. Rien, nothing, Nada, Niet, Ziltch…

Comme à l’école : on n’a rien appris.

Mais n’avons-nous pas vécu un printemps où des voix de jeunes nous tiraient des larmes?

Pendant quelques mois, n’avons-nous pas cru que quelque chose allait changer, enfin? J’ai pensé, oui, qu’enfin le seul enjeu valable nous brulerait les lèvres, le corps et le cœur.

À part du bout des lèvres pour de vagues considérations administratives, rien de consistant sur l’éducation.

Quel autre enjeu considérer, quelle autre question se poser? Sans éducation, comment comprendre qu’un enjeu soit important, sans même avoir entre les mains les outils pour formuler, pour adresser, pour réfléchir autrement qu’avec ses genoux?

Qui sommes-nous dans le monde? Sur quel pied voulons-nous que danse notre prochain gouvernement sur les questions de l’environnement, des services sociaux, de l’écart des revenus entre les jeunes et les vieux, d’imposition, de déficit, d’économie, de nos modes de vies, d’agriculture, de notre politique alimentaire, de nos ressources naturelles? Et de culture? Tout s’appuie sur la capacité de comprendre. Tout s’appuie sur l’éducation.

Nous avons été plongé dans une campagne de chefs, une orgie de promesses vides qui seront niées demain matin. Une vieille campagne. Une campagne de bouts d’asphalte.

Rien n’a été dit, ni débattu. Tout sera pareil qu’avant.

Nous aurons du vieux parce que nous voulons du vieux.

Nous aurons un gouvernement sans vision, qu’il soit dirigé par Marois, Legault ou Charest.

Qui sait d’ailleurs faire la différence entre l’un ou l’autre des trois principaux partis? Vous pensez vraiment qu’en votant PQ ou CAQ, vous changerez quoi que ce soit? Vous êtes donc naïf.

Vous changerez de propriétaire, c’est tout.

Vous trouvez ça anodin, vous, que Julie Snyder, la légitime de PKP, se pointe au show de Pauline, au Métropolis? Elle est pas riche, elle? Et pourtant, Pauline veut augmenter les impôts des riches, non?

Desmarais et Charest, Sirois et Legault, Péladeau et Marois...

Trios de belles paires.

Vous pensez qu’être riche, c’est gagner 130,000$ par an? Come on.

Être riche, c’est avoir les moyens de ne pas payer d’impôt. Les riches, les vrais riches, savent comment s’arranger pour faire du cash AVEC le gouvernement. Et ils savent ne pas payer d’impôt.

Être riche, c’est savoir faire élire son cheval.

Et un peuple éduqué, c’est dangereux.

Des illettrés, c’est nettement plus facile à fourrer…

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