Avec le temps, va…

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Une chronique de Michel Vézina

Je n’ai jamais rencontré Pierre, mais je le lis depuis des décennies. Je ne suis pas aussi vieux que lui, mais disons que j’ai appris à lire jeune.

(Photo: archives)

Je commence par ça simplement pour bien faire comprendre qu’à mes yeux, Pierre a toujours été un peu vieux. L’âge de mon père, à peu près. Pas punk du tout, donc.

Je le dis d’emblée, Pierre a souvent de lumineuses opinions, des manières frappantes de comprendre et d’expliquer le monde, des logiques surprenantes. En plus, il a une plume, ce qui ne nuit en rien à rien. La plupart du temps, j’aime bien Pierre. La plupart du temps, c’est, disons, 90% du temps. Ce qui est, admettons-le, une excellente moyenne.

Le 10% du temps qui reste, Pierre est un vrai con. Un vieux con.

Des fois, Pierre parle de livres. J’aime quand Pierre parle de livres. (http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/pierre-foglia/201210/12/01-4582566-bonheurs.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_pierre-foglia_3264_section_POS1) Content content content. Pas lu ce livre d’Éric Dupont dont il parlait vendredi dernier, mais je sais que j’ai hâte, parce que je connais le travail de l’auteur depuis son premier roman et que c’est vrai qu’il écrit, merde, et qu’il faut que ça se lise et que ça se sache. J’aime aussi beaucoup le travail de Mélanie Vincelette et de sa maison, Marchand de feuilles, parce que moi aussi j’aime les petites maisons d’édition, ce qui ne me fait pas détester gratuitement les grosses, soit dit en passant.

J’aime d’ailleurs Pierre, même si c’est un gros chroniqueur. Un big. Le Renaud-Bray de la chronique, si on veut.

Pourquoi donc t’en prendre au Port de tête, Pierre? Une librairie? Que tu l’aimes ou non, ça reste une petite librairie qui fait son travail de librairie en assumant ses choix et en entretenant avec ses lecteurs une vraie relation littéraire, non? Ce n’est peut-être pas TA librairie, mais ça reste UNE librairie, une vraie. Et une bonne. Tes 450 exemplaires d’un livre en vitrine, c’est peut-être justement qu’il y était lancé le soir même, le livre. Et c’est bien qu’une librairie fasse des lancements, tu ne crois pas? Moi, j’aime les lancements au Port de tête.

Pourquoi fesser sur une petite librairie, Pierre? C’est du stock de radio poubelle ça, Pierre. Pourtant, t’as rien d’un X, t’es même pas un boomer.

10% du temps, t’es con, Pierre. Et beaucoup chaque fois.

Encore une fois, le problème en est un de formation. Michel Vézina

Matricule 728

Samedi, Pierre a été lumineux. Comme quoi, il faut peut-être être con, de temps en temps, pour être un chroniqueur lumineux.

Oui, OK, je vous entends d’ici : Véz, tu devrais être con plus souvent.

J’avoue. J’assume.

N’empêche, en ce qui concerne Matricule 728, Pierre a une bonne vision du jeu. Il y a une culture d’entreprise, chez les flics. Et ce n’est pas le fait de répondre aux ordres, le problème. Tant mieux s’ils répondent aux ordres, en fait. Vous imaginez le bordel, sinon? Tout ce qui nous reste à espérer, c’est que les chefs, ceux qui donnent les ordres, soient moins pourris de préjugés et un peu moins fachos que 728.

Encore une fois, le problème en est un de formation.

Je me souviens, au cégep, les gars et les filles en techniques policières, ça volait pas haut. J’avais des amis profs de philo et de français pour qui, l’heure et demie à passer devant une classe de tech po représentait rien moins que l’horreur. Enseigner dans le vide, qu’ils disaient, en sachant que ça ne servait à rien, que sur la masse, il y en avait peut-être un ou deux qui écouteraient, un sur mille qui se souviendrait de l’allégorie de la caverne ou du prénom de Ducharme.

À leur dernière session, les futurs flics vont s’entraîner à Nicolet où ils apprennent à fesser, à tirer, à arrêter, à immobiliser, à retenir, à se contrôler, à conduire vite, à faire tout ce qu’ils doivent faire quand on leur dit de le faire.

Le reste, le discernement, la compréhension, le savoir général, c’est avant et après qu’ils devraient l’apprendre.

Le reste, la collusion, la réunion pour décider de ce qu’on va dire, de ce qu’on va raconter, c’est avant et après que ça s’apprend.

C’est une culture, une attitude.

Claude

Dans ma tite ville, au cégep, j’avais un ami du secondaire qui est devenu flic. Avant, au secondaire, c’était un clown, un malade, le gars qui monte les shows d’humour les plus déments, un gars super gentil, fin, drôle.

Dans la vie, après, comme flic, il est resté pareil, ce qui ne l’a jamais empêché de bien faire sa job, je crois.

M’a déjà arrêté, longtemps après que j’ai quitté ma tite ville.

M’a donné un ticket pour un stop. C’était presque le fun.

Organisations: Marchand de feuilles, Renaud-Bray

Lieux géographiques: Nicolet

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