De nombreux résidants de Mont-Royal ont fait comme leurs voisins montréalais et se sont procuré du compost gratuitement la fin de semaine dernière, au complexe environnemental Saint-Michel. Ils ont en plus eu droit à un cours 101 sur le compostage à l’hôtel de ville le 2 mai. (Photo: Jacques Pharand)
Compost 101
Le 2 mai dernier, une centaine de personnes se sont présentées à une séance d’information sur le compostage, à l’hôtel de ville de Mont-Royal. L’opération visait à renseigner les résidants sur ce processus écologique qui fait de plus en plus d’adeptes.
«C’est une solution logique, naturelle et économique, a expliqué le conférencier Yves Laurent, créateur d’un composteur. Plusieurs personnes croient à tort qu’il faut un diplôme universitaire en biochimie pour savoir faire du compost.»
Durant 90 minutes, M. Laurent a tenté de démystifier le processus et a parlé des avantages de faire du compost. En compostant la nourriture et les déchets de jardinage, nous évitons de déposer les déchets organiques dans des dépotoirs qui émettent du méthane — 21 fois plus puissant que le gaz carbonique — et créent plus d’émissions de gaz à effet de serre. «Une famille de cinq personnes qui fait du compost peut réduire ces émissions d’une demi-tonne par année», a-t-il expliqué.
L’abc du compostage
Le compostage est un processus de décomposition des matières végétales par la chaleur, l’humidité, l’aération et les micro-organismes (bactéries, nématodes, etc.). «C’est un peu comme une recette de gâteau. Il suffit de suivre les instructions», a indiqué M. Laurent. La mixture idéale est de 50 à 60% de matières qui émettent du carbone et de 40 à 50% de matières générant de l’azote.
Les feuilles mortes, les journaux déchirés, le gazon séché, le carton, les serviettes de papier et les cartons d’œufs sont des émetteurs de carbone. De son côté, l’azote est produit par des pelures de fruits et de légumes, des coquilles d’œufs, des filtres à café, des poches de thé, du gazon fraîchement coupé et d’autres déchets de jardinage.
En retournant régulièrement les déchets organiques à l’intérieur du composteur, et en gardant un bon rapport carbone-azote, il est possible d’avoir du compost en sept à dix semaines.
Le conférencier a aussi renchéri avec un truc pour savoir quand le compost est prêt. «Si vous ne reconnaissez plus la pelure de banane ou la peau de pomme de terre, c’est qu’elles ont été compostées et que la mixture peut être utilisée. Pas besoin d’attendre que la texture soit très fine.»
Un tirage a eu lieu après la présentation et la période de questions. C’est un résidant de Mont-Royal depuis 29 ans, Claude Manzagol, qui a remporté un composteur. M. Manzagol est un jardinier actif qui fait pousser des tomates, des herbes, des épinards et des fleurs.
La Ville de Mont-Royal s’est aussi procuré les composteurs de M. Laurent pour les mettre à la disposition des résidants, et ainsi les encourager à faire du compost.
Comme l’a expliqué Stéphanie Roy, coordonnatrice technique au service de génie de la Ville, «en ne ramassant pas autant de déchets organiques, la Ville économisera sur le coût de ramassage et de décharge.»
(Traduit par Geneviève Allard)