L’immeuble qui abritait l’ancien restaurant La Grand-mère poule est situé sur un terrain qui permettrait la présence d’une synagogue. (Photo: Maxim Labrie)
De restaurant à synagogue ?
Une rumeur circule à l’effet que l’ancien restaurant La Grand-mère poule, au coin de la rue Hutchison et de l’avenue Bernard, dans le Mile End, pourrait devenir une synagogue. Vendu le 2 mai dernier, l’immeuble est situé sur un terrain dont le zonage permet sa transformation en temple juif.
C’est ce que confirme Richard Côté, conseiller politique de la mairesse du Plateau-Mont-Royal, Helen Fotopulos. «Le zonage dans cette rue-là autoriserait un lieu de culte», fait-il savoir à L’Express d’Outremont.
M. Côté indique toutefois que pour accueillir une synagogue, l’immeuble comportant les numéros 384, 386 et 388 de la rue Bernard Ouest aura nécessairement besoin de transformations. «Il y aurait eu transaction, mais nous n’avons eu aucune demande pour la transformation de l’immeuble en synagogue», affirme-t-il.
Il y a en effet bel et bien eu transaction immobilière le 2 mai dernier. Selon les informations disponibles dans le Registre foncier du Québec, l’ancien propriétaire, l’entreprise à numéros 116202 Canada inc., présidée par John Manarolis, a vendu l’immeuble au coût de 955 000$ à l’entreprise à numéros 6762956 Canada inc. Celle-ci a réglé sans prendre d’hypothèque. M. Manarolis n’a pas rappelé L’Express.
Le porte-parole de la Coalition d'organisations hassidiques d'Outremont, Alex Werzberger, reste laconique au sujet du nouveau propriétaire, évitant de dire s’il s’agit ou non d’un membre de la communauté juive. «J’ai entendu une rumeur. C’est un individu. J’ai entendu un nom, mais je ne peux pas dire c’est qui parce que c’est une rumeur.»
M. Werzberger ajoute ne pas savoir qui pourrait fournir de l’information sur l’identité de la personne présumée et ses intentions, puisque cette dernière ne veut pas parler.
Du côté de l’arrondissement d’Outremont, on ne détient pas plus de renseignements. «On a eu vent d’une transaction impliquant la communauté juive», affirme simplement le porte-parole Jean-Claude Patenaude.
Inquiétude
Un résidant de l’avenue Bloomfield, Jean-Claude Corbeil, espère que l’ancien restaurant ne sera pas transformé en synagogue. «Une femme que je ne connais pas m’a mis la puce à l’oreille en prenant l’autobus. C’est sur le Plateau-Mont-Royal, mais pour les résidants d’Outremont qui habitent sur Bernard, ça ne change rien. Ça ferait une autre synagogue. Il commence à en avoir un fichu paquet.»
M. Corbeil insiste: il n’est pas «opposé» à la communauté juive et défend la liberté de religion. «Mais je ne me sens plus chez moi dans Outremont, où j’habite depuis toujours. Il y a autant de synagogues que de sectes dans la communauté juive. À un moment donné, ça en fait beaucoup», dit-il.
Selon Jean-Claude Patenaude, de l’arrondissement d’Outremont, il n’y a plus de place sur la portion outremontaise de l’avenue Bernard pour aménager une synagogue. Sur l’avenue Van Horne, il n’est également plus possible d’en construire, à l’exception de celle qui s’apprête à prendre place dans un bâtiment au coin de l’avenue Durocher. Une synagogue ne peut être située que sur un terrain zoné culte et religion.