Au nom de ma fille, merci !
Que de chemin parcouru depuis 2002! Comme en font foi les procès-verbaux de la Commission consultative permanente sur l’environnement et le développement durable de l’arrondissement (CCPEDD), la voie cyclable qui prend forme à Outremont en 2007 est aux antipodes de ce que privilégiait alors Stéphane Harbour, maire de notre arrondissement.
Certes, le projet commandé par Outremont à la firme Plani-Cité en 1999 pouvait sembler ambitieux. Il privilégiait un circuit déployé le long de la gare de triage, sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, sur les rues Bloomfield, Outremont, Stuart, McEachran et de Vimy et du boulevard Mont-Royal. De toute évidence, sa vision était plus modeste.
En effet, le projet qu’il soutenait était celui d’une piste cyclable qui aurait emprunté le chemin de la Côte Sainte-Catherine afin de ceinturer le Mont-Royal, permettre un accès sécuritaire au campus principal de l’Université de Montréal et de développer des liens avec les aménagements cyclables des autres arrondissements.
Aujourd’hui il annonce que le tracé et le type de voie cyclable ont été définis par les membres d’un sous-comité de bénévoles provenant de quatre commissions consultatives permanentes. Ceux qui, comme moi, siégeaient alors sur une de ces commissions se rappelleront que dès 2003, plusieurs membres de la CCEPDD suggéraient qu’un circuit cyclable à Outremont devait relier les principaux lieux de fréquentation de l’arrondissement (piscine, écoles, bibliothèque, aréna, etc.).
Cependant, le maire Harbour affirmait que cette conception de circuit cyclable n’était pas réaliste puisque seules les rues suffisamment larges pouvaient accueillir un tel réseau. De plus, les lieux de fréquentation ne sont pas tous accessibles par ces rues larges. Sa position était alors justifiée par la nécessité de ne pas nuire au stationnement et à la circulation des voitures. Notons que le circuit cyclable qui voit le jour ces jours-ci emprunte des rues jugées jadis, trop étroites.
Même le programme politique qu’il proposait aux élections municipales de 2005 ne laisse pas entrevoir un tel revirement de position. Il y à peine deux ans, il se limitait à privilégier la présence des cyclistes sur toutes les rues de l’arrondissement, de fournir de nouveaux équipements de stationnement et de signalisation qui faciliteront l’usage du vélo et d’implanter des aménagements cyclables à des endroits appropriés.
Peut-être aura-t-il fallu plusieurs lettres d’opinion au fil des dernières années demandant de lier par voies cyclables (ou de transport actif), nos principales institutions pour que sa pensée évolue? Peut-être aura-t-il fallu qu’OSER Outremont fasse précisément de ce type de circuit un engagement pour qu’il passe à l’action? Néanmoins, je constate avec grande satisfaction que nos idées font du chemin au sein de la population d’Outremont, que nos concitoyens y adhérent, les font leurs et que nos élus, dont le maire Harbour, se rendent à la qualité et à la pertinence de nos arguments.
Au nom de ma fille qui se rend à l’école à vélo avec son père, je le remercie d’être enfin passé à l’action!
Question: le circuit qui voit le jour aujourd’hui diffère de celui qui avait été pensé par l’Université de Montréal dans le cadre de son projet de réaménagement de la gare de triage. Les deux sont-ils compatibles?
Paul-Guy Duhamel
Cycliste et résidant d’Outremont