La pédérastie rendue honorable?
L’excellent comédien Robert Lalonde aurait pu refuser de jouer chez Duceppe dans La leçon d’histoire. Lalonde a signé, récemment, le douloureux, pathétique, émouvant, récit d’une enfance abusée, bouleversée, quand un père n’est qu’un pédéraste incestueux (Que vais-je devenir jusqu'à ce que je meure?)
La leçon d’histoire, d’Alan Bennett illustre un dynamique prof d’histoire qui est aussi un pédéraste compulsif, cela —mode niaise néfaste— en évitant tout jugement. Bien plus, Bennett tente de normaliser, de banaliser, ce comportement évidemment inacceptable en milieu scolaire. Même huppé. Ce curieux prosélytisme, cette bizarre banalisation, aurait dû conduire Robert Lalonde à un refus de participer à cette entreprise plutôt nauséeuse.
Chez Duceppe, on y montre, en vilain collet monté, un directeur (l’excellent François Tassé) soi-disant puritain et qui ose (!) congédier ce prof aux mains longues! Ça ne suffit pas: on y présente ensuite le successeur (très bon Sabourin-junior) en un autre inverti sexuel (!) se laissant séduire rapidement par un élève (brillant Francis Ducharme), jeune élève homosexuel intempestif.
Le toujours étonnant et habile metteur en scène, Serge Denoncourt —trouveur de ce texte de Bennett— n’y peut rien si l’auteur refuse tout jugement moral. Il n’en reste pas moins que l’on sort de ce Duceppe, en appréciateur de ce divertissement bien mené mais aussi avec l’embarrassante impression d’une démonstration scénique où l’on recommande donc aux spectateurs de ne pas juger la pédérastie en milieu scolaire. Mais, rien à faire: un professeur dégénéré, désaxé, est un professeur à congédier. C’est un pédagogue généreux et inventif mais c’est aussi un maître malsain et qui a une conduite inadmissible! Moralisateur? Non jamais. Moraliste ? Oui, toujours. Comme mon maître, Jean de Lafontaine.