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François Bissonnette Remax
L'Express d'Outremont / Mont-Royal
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Noces de chêne pour le Manoir Barrington

Article mis en ligne le 2 juillet 2007 à 10:38
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Noces de chêne pour le Manoir Barrington
Le Manoir Barrington, 80 ans d’histoire à Outremont.(Photo: Courtoisie)
Noces de chêne pour le Manoir Barrington
Les années ’20 furent des années fastes. On voyait grand, on planifiait juste, on construisait beau. Et Outremont se développait dans l’opulence. C’était la mode des cités jardins. Puis les bien nommés Beaubien savaient faire fructifier leur vaste propriété, qui dévalait des hauteurs du mont Royal jusqu’à la plaine fermée par le rail. En passant chez eux, l’avenue Bernard, gagnant l’ouest, décidait à partir de Wiseman de s’élargir, de verdir en terre-pleins, de s’ennoblir en boulevard. En vertu d’un strict zonage, si la montagne était alors réservée aux vastes maisons individuelles, le boulevard, lui, fut destiné aux habitations multifamiliales de prestige, dont le Manoir Barrington, la plus attrayante d’entre elles, a-t-on écrit.

80 ans d’histoire. Fait intéressant à relever: avant d’être transformé en copropriété, l’édifice avait appartenu dix ans auparavant à une compagnie au nom illustre de Trudeau-Elliott Ltée.

Les mêmes architectes et le même entrepreneur, à peine fignolés tous leurs plans, devis et croquis pour le Barrington Manor, ouvraient quelques mois plus tard le chantier pour The Tiber, juste en face. Goût italien aussi, autant d’habileté dans le dessin, comparable aménagement de la cour d’honneur, mais suffisamment de nuances et de différences pour éviter l’identique, tout en sauvegardant l’harmonie entre ces vis-à-vis. Cette section du boulevard Bernard est équilibrée: les couleurs pastel méditerranéennes font face aux teintes ocrées à l’anglaise. C’est ainsi que The Tiber complète Barrington Manor.

Les noms des deux bâtiments, reportés sur une carte d’Europe, laissent libre la touche médiane française. Il faudra donc attendre plus tard pour qu’à Outremont on affiche des appellations apparentées à l’histoire et à la culture des habitants des lieux, telles que le Chenonceaux ou le Chambertin. Car il faut reculer de trois bons siècles, remonter au temps de Louis XIV et Louis XV, pour savoir ce qu’il en fut des terrains où s’élèvent ces constructions, et surtout, connaître l’identité de ceux qui les ont ameublis, qui les ont rendus aptes à l’urbanisation. Dès 1694, en effet, le lot qui nous concerne, de la montagne à la plaine, a concédé à un Tessier dit Lavigne, qui l’aurait fait déboiser. D’où le mouvement pour que sur Van Horne, entre Dollard et McEachran, le parc à aménager porte son nom.

Ce Tessier─aussi propriétaire d’un lot donnat sur l’actuelle Place d’Armes, à Montréal─aurait vu au défrichement de son terrain à la Côte-Sainte-Catherine, avant qu’il ne passe à d’autres familles de fermiers. En 1866, Louis Beaubien, père de Joseph qui sera maire de 1909 à 1939, achète la terre. Jouxtant sa maison, du côté ouest, le long d’une future avenue, il hérige le Haras National en vue d’y élever des chevaux de race. Sans doute le vétérinaire McEachran, son voisin, a-t-il fourni son expertise pour que l’entreprise se développe. Puis vint, au début du XXe siècle, l’essor de l’automobile…C’est dans l’ancienne arrière-cour des écuries disparues que fut érigé le Manoir Barrington.

(Source:Société d’histoire d’Outremont)

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