Monsieur Harbour n’aime pas les études!
Le maire d’Outremont entretient un rapport bien personnel avec les firmes de sondage ou les résultats d’études commandées par les médias.
Tout dernièrement, l’enquête de La Presse sur la démocratie municipale qui classait Outremont en queue de peloton offusquait Monsieur Harbour qui rétorquait: «Il s’agit là d’une enquête où la méthodologie est hautement discutable et où les critères sont bancals». Cette argumentation résonne à mes oreilles de façon très familière.
Remontons un an plus tôt, alors qu’une autre enquête du Journal de Montréal épinglait la piscine Kennedy pour la piètre qualité de ses eaux. Monsieur Harbour publiait une lettre dans les médias locaux pour rassurer la population. Une fois encore, il remettait en cause la méthodologie de la société BioMedco en argumentant «qu’elle avait été contestée par plusieurs spécialistes.»
Depuis ces dernières années l’arrondissement d’Outremont a pris l’initiative de commander trois enquêtes: l’une sur la cour de triage, une deuxième sur le point de service du CLSC et une troisième sur le service de loisirs.
En ce qui concerne la première qui porte sur la cour de triage, Monsieur Harbour ne pouvait se satisfaire de la consultation de l’office de consultation publique de Montréal à laquelle plus d’un millier de personnes ont assisté et un nombre record de plus de 50 mémoires ont été déposés, dont certains soutenus par des centaines de citoyens. Le maire a jugé utile de commander un sondage à une firme spécialisée à partir d’un échantillon de 500 personnes. Difficile de vérifier la méthodologie puisque l’étude complète n’est pas diffusée …
Oui, les citoyens qui ont massivement participé aux audiences de l’OCPM ont réclamé des études indépendantes. Le maire a dû mal les entendre. Les études en question ne touchaient en rien l’opinion de la population ou sa perception du projet. Il s’agissait notamment d’études sur la circulation plus exhaustives que celles bien restrictives produites par l’Université de Montréal.
Il y a un an, alors que le risque de fermeture du point de service du CLSC sur Van Horne soulevait l’inquiétude de la population, le maire Harbour accédait à la demande des citoyens. Il adoptait une résolution lors de la réunion du conseil d’arrondissement du 6 février 2006 «de mandater une société de sondage qui aura pour tâche d’interroger la population outremontaise sur ce projet et ses implications.» Malgré la formation d’un comité de travail composé notamment de résidants d’Outremont, l’étude n’a jamais été menée. Le maire a jugé concluante la consultation menée par le CSSS sous forme de groupes de discussions dont le résumé a tenu en une page et demi.
Enfin, à l’automne 2005, le maire Harbour incitait la population à répondre à un sondage d’opinion sur le service des loisirs et de la culture. Réalisé en interne, la compilation des réponses à la quinzaine de questions posées ne donnera jamais lieu à une publication. À ma connaissance, les groupes de discussion auxquels les citoyens étaient invités, s’ils ont été tenus, se sont déroulés de manière très discrète.
Bref, le maire Harbour semble un peu mêlé en matière d’études. Il adopte une résolution pour mener un sondage qui ne se fait pas. Il réalise à la hâte une étude qui ne répond pas aux besoins de la population, sans adopter de résolution en conseil d’arrondissement. Il sollicite la population pour répondre à un sondage dont les résultats ne leur sont jamais transmis. En la matière, le maire Harbour peut donc légitimement remettre en cause la crédibilité des enquêtes qui ne le mettent pas en valeur.
Christine Hernandez, chef du parti OSER Outremont