Courir après le temps, un refrain qu'a bien souvent entonné Louise avant de changer ses habitudes.
(Photo: Jacques Pharand)
Cours, Loulou, cours !
C'est la rentrée. On se sent gonflé à bloc. On a envie de dévorer la planète et d'entraîner tout notre petit monde dans ce tourbillon. Mais attention: commencer le pied au plancher peut nous conduire droit dans le mur. Louise, mère de famille branchée sur le 120 volt, en a fait l'expérience. C'est grâce aux conseils éclairés d'un coach qu'elle a vu la lumière au bout du tunnel.
Louise était une fille très occupée. Trois jeunes enfants à conduire et ramasser dans une garderie et deux écoles, puis à accompagner le soir à toutes sortes d'activités, un conjoint qui venait de lancer son entreprise, des piges dans plusieurs publications et une vingtaine de leçons de piano hebdomadaires à donner.
Quand un emploi à temps plein est venu s'ajouter à l'agenda déjà bien chargé de cette perfectionniste hyperactive, avec en prime deux heures de transport quotidien, le couvercle de la marmite a sauté.
«Je me sentais acculée au pied du mur. J'étais tiraillée entre le désir de faire plein de choses et le besoin de me reposer», raconte-t-elle. La solution, c'est auprès d'un coach professionnel qu'elle l'a trouvée. «Il m'a dit : Si tu tiens à la vie, il faut que ça cesse !»
Un coup de pouce au bon sens
Louise a passé son emploi du temps au scanner et pris plusieurs décisions importantes qui ont changé sa vie. La première: trouver un emploi plus proche de son domicile pour réduire son temps de transport. Résultat: elle vient maintenant travailler à vélo. Deuxième cible: réduire le nombre d'activités parascolaires à une maximum par enfant et pratiquer le covoiturage avec d'autres parents.
Des réaménagements qui ont changé sa vie. Cinq ans après, elle en mesure encore les bénéfices. «Cela m'a permis de me déculpabiliser à chaque fois que je dois dire non. J'y pense toujours quand j'ai une décision à prendre. Même si ma petite voix intérieure me souffle que ça n'a pas d'allure, parfois le gros bon sens ne tient pas la route. Il a besoin d'un petit coup de pouce!»
Quand le cerveau dit stop!
Le bon génie de Louise s'appelle François Gamonnet. Ce coach qui conseille les cadres et professionnels de grandes entreprises a mis au point des méthodes qui peuvent s'adapter à la vie quotidienne.
«Avoir beaucoup de choses à faire en même temps crée un stress, c'est prouvé scientifiquement», assure le spécialiste, qui suggère une solution toute simple: Noter les choses. «Écrire contribue à diminuer le niveau de stress. Normalement, le cerveau ne devrait pas avoir à stocker plus de 6 ou 7 informations différentes. Il ne faut rien garder en tête, sinon le cerveau est mis en attente. C'est cela qui crée le stress.»
Un bon truc: Établir des listes spécialisées, une pour la maison, une autre pour l'école, une troisième pour le travail, etc. On les complète au fur et à mesure que de nouveaux besoins apparaissent.
Le signal d'un problème
Certains types de personnalités sont plus enclins que d'autres à se surcharger. «Les perfectionnistes aiment s'entourer de choses à faire. Plus la marche est haute, plus ils se sentent accomplis», constate le coach.
Selon lui, se retrouver avec une montagne de choses à faire est le signal d'un problème. «Ce n'est pas normal d'être débordé chaque année à la période de la rentrée scolaire. Il faut échelonner et voir ce que l'on peut faire à l'avance, durant l'été. Par exemple, couvrir les livres et coller les étiquettes.» Et puis, noter après coup tout ce qu'on a dû faire pour préparer la rentrée permet aussi de constituer sa liste en prévision de l'année prochaine…
(Photo: Jacques Pharand)
De quelle maladie souffrez-vous?
François Gamonnet a identifié quatre maladies de la gestion du temps.
- La tempsdinite: «Je manque de temps !»
La liste de choses à faire s’allonge sans cesse. Les tâches prennent plus de temps que prévu. Vous avez souvent l’impression d’attendre après les autres.
- La lifophilie: «Vite, c’est urgent !»
Vous attendez la dernière minute avant d’entreprendre une tâche importante. Ce sentiment d’urgence vous stimule.
- La chronophagie: «Pas moyen d’être tranquille!»
Vous vous plaignez d’être constamment interrompu dans ce que vous êtes en train de faire. Cela provoque des erreurs qui vous obligent à reprendre plusieurs fois la même tâche.
- L'ouïte: «Je n’ai pas le choix !»
Vous ne savez pas dire non. Vous avez peur de refuser les urgences de dernière minute. Vous faites toujours passer les besoins des autres avant les vôtres.
Source: François Gamonnet