Quelques-unes des œuvres d’Evelyn Himes sont présentées à la bibliothèque Reginald-J.-P.-Dawson. Une exposition bien particulière qui est un événement unique. (Photo: Éric Carrière)
Un hommage rétrospectif
C’est la première fois que les œuvres d’Evelyn Himes sont présentées au grand public. A la suite de son décès en décembre dernier, son fils Mel a entrepris de montrer au grand jour le talent de sa mère, résidante de longue date de Ville de Mont-Royal. Une exposition bien particulière d’une dizaine d’œuvres et qui ne risque pas de se reproduire, à la bibliothèque Reginald-J.-P.-Dawson (1967, boulevard Graham).
«Ma mère a toujours voulu être une artiste, mais dans les années 1930-1940 c’était difficile. Elle est devenue comptable, mais elle a quand même poursuivi son rêve quand nous, les enfants, étions tous un peu plus âgés», explique son fils, encore étreint par la tristesse du deuil, mais le regard plein de fierté.
«Elle était trop modeste. Elle ne montrait ses œuvres qu’à la famille et la maison était en quelque sorte sa galerie d’art», souligne le retraité de l’enseignement collégial et spécialiste de la politique étrangère canadienne.
Evelyn Himes a demeuré durant une cinquantaine d’années à Ville de Mont-Royal. Plus tard au cours de sa vie, elle a obtenu un baccalauréat spécialisé en enseignement des arts plastiques de l’École des Beaux-Arts de Montréal et a enseigné à la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM).
Son exposition présentée jusqu’au 13 septembre montre un talent varié et une maîtrise de nombreux médiums artistiques. Du pastel à l’acide et au métal en passant par l’huile et le crayon, Evelyn Himes a surtout privilégié le portrait. «Je suis très fier», signifie M. Himes, ajoutant au passage que sa mère n’a fait qu’un seul autoportrait et que les œuvres représentaient surtout des gens qu’elle connaissait. En vitrine, il est aussi possible d’apprécier une partie d’un recueil de poèmes écrit par une des sœurs de M.Himes dans les années 1970 et illustré par la matriarche. Le dessin, d’une rare précision, est d’un bleu profond et incitant à la contemplation.
«Je regrette de ne pas l’avoir poussé à montrer son travail de son vivant», répète quelques fois au cours de l’entrevue son fils. Un hommage posthume certes, mais tout de même bien vivant et unique.
:Evelyn Himes
Bibliothèque Reginald-J.-P.-Dawson
Jusqu’au 13 septembre