Outremont en des temps plus heureux, la conseillère Marie Cinq-Mars, le directeur de l’arrondissement en congé de maladie depuis le mois d’août Yves Mailhot, le conseiller politique démissionnaire Jean-Claude Patenaude, le directeur du Service des travaux publics Daniel Fleury et le maire de l’arrondissement, Stéphane Harbour. (Photo: Alarie Photo)
Jean-Claude Patenaude quitte l’arrondissement
Outremont sous enquête depuis juin
«C’est vrai, j’ai remis ma démission. Je suis un consultant de carrière, je l’avais mis en sourdine pour aider les gens et servir la population. Ça a été magnifique, mais je n’aime pas comment est l’atmosphère présentement [à l’arrondissement], donc je reprends ma pratique comme consultant», a confié à L’Express d’Outremont, l’ex-conseiller politique du maire Stéphane Harbour, Jean-Claude Patenaude.
Suspendu avec solde le temps de l’enquête administrative, voilà un mois que M. Patenaude ne travaillait plus. Rappelons que c’est la direction générale de la Ville de Montréal qui a mandaté la firme comptable KPMG et le bureau d’avocats Fasken Martineau de scruter à la loupe l’arrondissement d’Outremont. «J’en avais assez d’être chez moi à ne rien faire tout en étant payé par les Outremontais», a-t-il confié.
Qui plus est, celui qui travaillait à l’arrondissement depuis les fusions municipales de 2002, n’a jamais su quel était le but avoué de cette enquête. «J’ai embauché à mes frais la firme Heenan Blaikie, qui elle-même n’a jamais réussi à savoir de quoi retournait l’enquête. Personne ne m’a rien dit ou ne m’a montré de feuille. […]Le but, on ne l’a jamais su et on ne nous a rien montré», soutient Jean-Claude Patenaude.
Interrogé à trois reprises à raison de neuf heures au total, l’ancien conseiller politique jure n’avoir aucune idée de ce qui se passe. «Je ne comprends pas cette mécanique. On m’a demandé toutes sortes de choses, par exemple à propos des dotations de personnel, des primes de rendement et des procédures avec les élus, dit-il. La firme m’a toutefois précisé qu’à aucun moment, une personne était visée par cette enquête.»
Selon lui, le maire d’Outremont, Stéphane Harbour ne connaît pas les visées de l’enquête. «Il ne peut pas savoir, c’est confidentiel», croit-il, avouant du même coup craindre les dérapages puisque la procédure semble s’étirer.
«Ça a brassé à la dernière séance du conseil parce que je pense qu’on n’a pas révélé les choses [notamment l’existence d’un bar à l’étage] au bon moment», énonce-t-il, croyant que tout ce mystère entourant la vérification comptable ne fait qu’alimenter les qu’en-dira-t-on.
Tout au long de l’entrevue avec L’Express d’Outremont, M. Patenaude signifie qu’il quitte en homme heureux puisqu’il n’a rien à se reprocher, tout comme il n’a rien à reprocher à aucun de ses collègues à l’arrondissement. Et s’il décide de se payer des avocats de chez Heenan Blaikie, ce n’est pas parce qu’il a quelque chose à cacher, mais bien pour protéger ses droits. «Je me suis rendu compte en me faisant interroger que j’étais tout seul là-dedans. Et que je devais m’assurer qu’on respecte mes droits fondamentaux.»
Jean-Claude Patenaude n’avait pas parlé au maire au moment de l’entrevue. Il a envoyé une lettre pour annoncer sa démission, préférant ne pas avoir à «rentrer là-dedans» et avoir à justifier sa démission.