Femmes sans frontières
Poursuivant une longue tradition datant de 1908, les Sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception (MIC) ont organisé le 20 septembre une "garden-party" dans le jardin de la maison-mère, situé sur le chemin de la Côte Sainte-Catherine. Les fonds amassés permettront aux MIC de publier en février prochainFemmes sans frontières, un ouvrage relatant leur tumultueuse histoire.
«La "garden-party" représente une façon de sensibiliser les gens et de marquer le lancement du livre», souffle sœur Mireille Morin, coordonnatrice du projet.
Au fil de leurs 105 années d’existence, les MIC ont œuvré dans près de 17 pays. «Environ 1500 sœurs missionnaires ont donné et donnent encore leur vie pour réaliser leur travail d’évangélisation. Nous sommes actives notamment pour les besoins de la femme et dans les domaines de l’éducation, de la santé, du travail social et de l’innovation», explique-t-elle.
Fondées par Délia Tétreault en 1902 à Montréal, les MIC constituent le premier institut missionnaire en Amérique. La longue tradition des "garden-partys" des MIC a débuté en 1908 et visait à amasser des fonds pour permettre aux six premières missionnaires d’aller à Canton en Chine.
Animée par un ancien élève de l’école Délia-Tétreault, le journaliste Pierre Craig, la soirée a réuni une soixantaine d’invités, dont Mgr Pierre Blanchard, la sénatrice Céline Hervieux Payette, le maire de l’arrondissement, Stéphane Harbour, et l’épouse de Raymond Bachand, le député d’Outremont, Micheline Brazeau.
Amie d’enfance de sœur Mireille Morin, la sénatrice Céline Hervieux Payette a accepté de présider la souscription pour la publication de Femmes sans frontières. «Ce qui est important, c’est que ce livre soit distribué et qu’il fasse l’éloge de femmes qui se sont intéressées aux gens. Elles ont donné de la fierté et de la responsabilité aux femmes», a-t-elle affirmé.
Souvent ignoré, le travail effectué par les MIC représente des heures de labeurs dans différents champs d’action. «Les sœurs ont vraiment fait de l’aide à l’étranger, ce qui représente des millions et des millions de dollars si on payait ces gens-là. Ce sont des femmes qui ont donné leur vie, leur talent avec très peu de moyens. […] Je me souviens que sœur Mireille Morin a pris toutes sortes de cours, comme la plomberie et la menuiserie, sachant qu’au Malawi elle aurait à faire toutes sortes de tâches», confie la sénatrice Hervieux Payette.
Pour sœur Marie-Thérèse Baudette, qui a travaillé 32 ans à Hong Kong et six ans aux Philippines dans le milieu de l’éducation, la publication de Femmes sans frontières permettra de mieux faire connaître le travail des religieuses. «Les gens vont apprendre l’histoire de ces vies de femmes données à Dieu pour aider les autres. Les femmes vont être solidaires de ce que les femmes ont fait comme travail.»
Les MIC oeuvrent dans divers domaines, tels que l’alphabétisation et l’éducation et sont engagées, entre autres, auprès des personnes handicapées, des patients atteints du sida, des prisonniers, des réfugiés et des immigrants. Et elles sont actives en Chine, à Hong Kong, au Japon, à Taïwan, aux Philippines, au Malawi, en Zambie, à Madagascar, au Chili, en Bolivie, au Pérou, à Cuba, à Haïti et au Canada.
Femmes sans frontières est l’œuvre de l’historienne Chantal Gauthier et sera publié à compte d’auteur.
Être religieuse en 2007
«Aujourd’hui, une jeune sœur a 30 ans. Autrefois, elle avait 20 ans. Aujourd’hui, quand les femmes décident d’entrer chez les sœurs, c’est mûri leur affaire!», estime sœur Mireille Morin.
Selon Éveline Joseph, une sœur en formation originaire d’Haïti et âgée de 38 ans, entrer chez les MIC constitue une vocation. «C’est un appel qui ne vient pas de nous-mêmes, il vient de Dieu. On est sœur pour servir nos frères et nos sœurs à la manière du Christ Jésus.»
Au dire de sœur Rossina Bautista, qui est née aux Philippines, la plupart des nouvelles vocations religieuses proviennent à l’heure actuelle d’Haïti, de Madagascar, du Malawi, de la Zambie et des Philippines. «Une seule fille est une sœur Scholastique dans les Sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception au Québec», indique-t-elle.
Histoire
Le 3 juin 1902, Délia Tétreault ouvrait à Montréal une école dédiée à la formation de jeunes filles destinées aux missions. Deux ans plus tard, le 7 décembre 1904, cette école devenait l'Institut des Sœurs missionnaires de l'Immaculée-Conception. En 1904, le pape Pie X transforme l’école en communauté religieuse, la Société des Soeurs missionnaires de l'Immaculée-Conception, le premier institut missionnaire féminin en Amérique. En 1906, la maison-mère est aménagée à Outremont. Le Jardin Marie-Enfant destiné aux écoliers du primaire sera en œuvre de 1938 à 1966 au 314, chemin de la Côte-Sainte-Catherine.
Alors qu’au 2900, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, les MIC offriront le cours primaire dès 1938 au Jardin Jésus-Enfant, qui deviendra en 1958, l’école Délia-Tétreault.
(Photo: Éric Carrière)