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François Bissonnette Remax
L'Express d'Outremont / Mont-Royal
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Deux langues côtés cour et jardin

Geneviève Allard par Geneviève Allard
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Article mis en ligne le 4 octobre 2007 à 9:00
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Deux langues côtés cour et jardin
(Photo: Éric Carrière)
Deux langues côtés cour et jardin
«J’ai toujours eu l’idée de faire un théâtre bilingue. À Montréal, il y a un bassin de personnes, dont moi, qui vont d’une langue à l’autre», annonce Elsa Perez, ancienne résidante de Mont-Royal et cerveau derrière l’opération du tout nouveau Théâtre bilingue de Montréal.
Du 3 au 13 octobre, du mercredi au samedi à 20h, la jeune femme présentera avec une amie la toute première pièce de la compagnie, jonglant avec les langues de Shakespeare et de Molière.

Les Dianalogues prendront vie au théâtre de l’Esquisse (1650, rue Marie-Anne Est) et constituent une série de monologues de dix femmes. «Elles ont toutes un lien avec la princesse Diana, sur sa vie, sa mort. C’est une pièce qui déconstruit le mythe de la princesse et est une réflexion sur les femmes, souligne la principale intéressée qui a habité à la fois à Toronto, aux États-Unis et à Ville de Mont-Royal, où ses parents sont toujours.
Langage théâtral
Certains monologues sont dans les deux langues, d’autres simplement en anglais ou en français.» Les traductions se sont faites un peu subjectivement, au hasard de ce qui sonnait le mieux. «Ça dépend de la personne qui parle. Il y a parfois un mot est mieux en anglais ou en français, et tout d’un coup, il y a une transition pour que ça coule bien.»
Elsa Perez donne en exemple une partie de la pièce où la petite fille regarde le mariage de Lady Di à la télévision. Fille d’un père anglophone et d’une mère francophone, celle-ci passe d’une langue à l’autre dépendamment des émotions qu’elle vit.

Dans une mise en scène de Jacqueline McClintock, Les Dianalogues est une œuvre anglophone de Laurel Haines, une Américaine que Mme Perez a connue à Chicago. La dramaturge sera d’ailleurs présente lors de la première de la pièce.
La rencontre de deux solitudes
«Une amie et moi, Greta Papagiorgiu [qui partage sa vie entre Montréal et Toronto], avons vu une pièce bilingue dans un petit théâtre de Montréal et ça avait vraiment bien marché. Tout le monde avait aimé et "catché" ce qui se passait. Toutes les deux, nous avons fondé le Théâtre bilingue de Montréal et cherché une pièce qui s’y prêtait bien, écrite par une femme, assez récente et avec de bons rôles féminins», évoque Elsa Perez. D’ailleurs, Les Dianalogues a été publiée dans le recueil Women Playwrights: The Best Plays of 2003. «Ce n’est pas le premier théâtre bilingue, mais c’est certainement quelque chose de rare», considère-t-elle.
Détentrice d’une maîtrise en théâtre à Chicago, celle qui a ses racines à Mont-Royal considère que son milieu de vie lui a fourni cette ouverture linguistique. «À la maison, nous parlions français, mais nous avons habité dans des villes anglophones ou bilingues comme Mont-Royal, où j’ai d’ailleurs étudié à l’école Algonquin», souligne Mme Perez.

La comédienne et cofondatrice du théâtre bilingue de Montréal cultive quelques projets pour une prochaine production théâtrale. «On a des idées, mais on apprend un peu en faisant et on veut d’abord voir la réaction du public.» Un pouls que la jeune femme a mille lieux des deux solitudes linguistiques québécoises compte bien prendre durant les représentations des prochains jours.



Les Dianalogues

Théâtre de l’Esquisse

Du 3 au 13 octobre à 20h (du mercredi au samedi)

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