Le traditionnel sandwich au jambon est toujours aussi prisé des étudiants. (Photo: Éric Carrière)
À votre santé!
Si certains élèves de l’école secondaire Mont-Royal mangent de la poutine tous les midis dans les restaurants minute de la Plaza Côte-des-Neiges (voir L’Express de Mont-Royal du 27 septembre), d’autres traînent la traditionnelle boîte à lunch ou profitent des repas concoctés par la cafétéria scolaire. Au menu lors de notre passage à la cafétéria jeudi dernier: filet de poisson avec riz aux fines herbes et carottes en rondelles ou boulettes de viande et sauce tomate avec salade verte.
Fréquentée par près de 900 élèves, l’école secondaire Mont-Royal fait partie de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), qui privilégie une saine alimentation depuis sa création. «Depuis le début, il y a une politique alimentaire. Il n’y a jamais eu de friture ou de boissons gazeuses dans nos cafétérias. La politique gouvernementale [qui entrera en vigueur en janvier prochain] ne changera pas grand-chose pour nous», explique Annie Favreau, agente d’information à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.
Nathalie, la responsable de la cafétéria, souligne qu’elle et son équipe préparent entre 200 et 250 repas par jour pour les élèves. «Tous les aliments sont préparés à la cafétéria et nous avons toujours deux repas chauds au choix chaque jour», confie-t-elle.
La concession de la cafétéria est assurée par Chartwells et les diététistes de cette entreprise travaillent en partenariat avec ceux de la CSMB lors de l’élaboration des menus. «Nous sommes quatre diététistes à la CSMB à faire les menus. On décide, mais on consulte les diététistes de Chartwells pendant toute l’année scolaire et on demande l’avis des responsables des cafétérias», relate Anne-Marie Boulais, diététiste à la CSMB. Le menu de la cafétéria est planifié un an à l’avance et change à toutes les quatre semaines.
Tous les midis, la cafétéria propose deux choix de repas chauds pour environ 3,55$ et différents sandwichs au coût de 1,45$ ou de 1,65$. De plus, les employés de la cafétéria concoctent des aliments déjà préparés comme des salades, des fruits coupés et des trempettes pour les petites fringales ou les élèves pressés. Les distributrices de l’école offrent jus, eau, biscuits à la farine d’avoine ou barres de céréales.
Les diététistes de Chartwells, le concessionnaire de la cafétéria, ont mis sur pied un programme santé et offrent de la formation relative à la saine alimentation aux employés des cafétérias. «Il y a une belle progression à la commission scolaire et depuis cinq ans nous avons mis la pédale sur l’accélérateur. Nous mettons plus l’emphase sur deux groupes alimentaires, les produits laitiers et les fruits et les légumes», signale Mme Boulais. Les diététistes de la CSMB et de Chartwells se font un point d’honneur de proposer une fois par semaine du poisson, tant à la table chaude qu’au bar à sandwich.
Par contre, il s’avère impossible de faire réchauffer son lunch à la cafétéria. Le seul four à micro-ondes réservé aux élèves se trouve dans la salle des dîneurs, un endroit fréquenté selon les étudiants interrogés par les jeunes de première et de deuxième secondaire.
Du côté des élèves
Élève de 5e secondaire et résidant de Ville de Mont-Royal, Laurent Hotte Larivière fréquente régulièrement la cafétéria. «Question nourriture, à la cafétéria nous avons beaucoup de choix pour un bon prix. Les cafétérias ont la réputation d’avoir de la mauvaise bouffe, mais ce n’est pas nécessairement vrai», estime-t-il.
Contrairement à bon nombre d’élèves de son école secondaire, il n’a pris la navette pour la Plaza Côte-des-Neiges qu’une fois ou deux. «Je ne mange pas là-bas parce que c’est sale et qu’il y a juste de la malbouffe, dit-il en précisant les raisons qui expliqueraient selon lui la mise en place d’une navette. Ce sont les résidants qui ont demandé à l’école ou à la STM une navette. Ils ne voulaient pas être dérangés par les jeunes.»
Dévorant un sandwich au jambon concocté par ses parents, l’étudiant de 5e secondaire avoue avoir une préférence pour le bar à sandwich de la cafétéria. En opération depuis près d’un an, sa cote de popularité est assez élevée selon les étudiants rencontrés en ce jeudi midi. «Le bar à sandwich, c’est une nouvelle façon pour les jeunes de manger des légumes tous les jours. Et dans les sandwichs, nous choisissons des viandes froides moins grasses. Il n’y a pas de salami ou de pepperoni», raconte Mme Boulais, diététiste à la CSMB.
Bien qu’il apprécie la cafétéria, Laurent identifie des points pouvant être améliorés: la longue file d’attente le midi, le manque de confort et l’impression d’être dans un lieu clos. Des critiques partagées par un autre élève de 5e secondaire, George Stoian. Ce dernier relativise cependant le temps d’attente à la cafétéria en le comparant au trajet en navette. «Certains midis, il faut attendre entre 20 et 25 minutes, mais en allant à la Plaza Côte-des-Neiges, tu perds une demi-heure en autobus.»
Si Laurent avoue un faible pour les sandwichs, George préfère les plats chauds de la cafétéria. «La cafétéria offre de tout pour tous. La nourriture est assez variée et il y a des plats santés si on veut en manger», confie-t-il. Fait à noter, les repas chauds sont servis avec une portion de légumes ou une salade.
Au fil de la discussion, les deux étudiants démontrent une connaissance approfondie de la nutrition et un intérêt réel pour la saine alimentation. Ce qui permet à Annie Favreau, l’agente d’information à la CSMB, de souligner l’importance du milieu familial. «L’école a un grand rôle à jouer dans la façon d’éduquer les enfants du côté de la nutrition. Mais, il ne faut pas oublier que cela part aussi du principe de la famille.»
Tous deux mentionnent que leurs parents cuisinent à la maison et qu’ils ont la chance de déguster un grand éventail de plats. Les friandises de toutes sortes semblent être reléguées aux jours de fête. «Quand il y a des "chips" dans l’armoire, c’est souvent des "chips" aux légumes», rigole Laurent. Alors que George fait des choix santé au quotidien. «Je m’intéresse à l’alimentation parce que c’est sain de prendre soin de mon corps. Si je n’en prends pas soin, il n’y a personne qui va le faire pour moi.»
D’autres élèves questionnés à l’heure du midi se sont montrés moins enthousiastes face au menu proposé par la cafétéria et ont déploré l’absence de certains aliments particulièrement prisés: boissons gazeuses et sucreries.
Des jeunes consultés
Les diététistes de la CSMB consultent les élèves, notamment en réalisant des groupes de discussions. «En 2004, 2005 et 2007, nous avons fait un sondage dans toutes les écoles de la commission scolaire. On tient compte des commentaires lorsque l’on prépare les menus, comme cela les jeunes se sentent consultés», souffle Mme Boulais.
Pour Caroline Boyer, la diététiste de Chartwells, les élèves ont un grand rôle à jouer dans la préparation des menus. «Le secret, c’est d’impliquer les jeunes. La clé du succès, c’est de leur demander leur opinion.»
Enfin, les diététistes de la CSMB entendent travailler chaque année à l’amélioration des menus. «Nous voulons, entre autres, aller vers le blé entier. La pâte à pizza et les tortillas sont déjà faites de blé entier. Mais pour que les jeunes suivent, il faut faire des changements graduels», révèle Mme Boulais