Gare de triage: des résidants préoccupés
Devant toute l’agitation que connaît l’arrondissement d’Outremont, le Comité citoyens-gare de triage s’inquiète de voir les recommandations relatives au projet d’aménagement d’un nouveau campus de l’Université de Montréal à la gare de triage reléguées aux oubliettes.
«On ne doit pas noyer le projet de gare de triage dans le scotch. On ne parle pas de 7000$ de dépenses, mais d’un projet de 1,2 milliard$ de fonds publics fédéraux, provinciaux et municipaux», a confié Geneviève Derome, du Comité citoyens-gare de triage.
Mme Derome a déploré le temps accordé aux questions administratives lors du conseil municipal. Elle a demandé au maire Harbour de préciser les démarches mises en œuvre par les élus à la suite des recommandations formulées par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). M. Harbour, a indiqué que deux comités ont été créés pour faire suite aux recommandations de l’OCPM. Un comité de pilotage du projet et un comité de concertation pour les arrondissements limitrophes, chargé de participer à la revitalisation d’un secteur stratégique pour le développement de Montréal.
Rappelons qu’à l’occasion du dépôt de son rapport le 14 août dernier, l’OCPM avait émis d’importantes réserves. Près de 1200 personnes avaient pris part aux séances d’information et aux ateliers mis sur pied par cet organisme.
Devant l’insistance de Mme Derome, le maire d’Outremont a révélé qu’aucun citoyen ne siégeait sur l’un des comités. «Ce que vous nous dites, c’est que les citoyens seront tout simplement les témoins impuissants devant les décisions», a répondu Mme Derome.
Le Comité citoyens-gare de triage souhaite qu’Outremont et la Ville de Montréal fassent preuve de leadership dans ce dossier. Une pétition comprenant près de 800 signataires circule présentement dans l’arrondissement. Les signataires réclament un concours public d’aménagement du territoire, des études indépendantes sur le financement, la circulation et les impacts sur les quartiers adjacents, une densité réduite de développement, une gestion novatrice de la circulation et une vraie concertation avec la population.
M. Harbour a réitéré son attachement au projet. «Ce projet structurant d’un campus universitaire sur le site de l’Université de Montréal doit aller de l’avant. Il faut optimiser les retombées sur les secteurs voisins: Atlantic, Alexandra-Marconi et Beaumont. Mais pour qu’il y ait des retombées, il faut d’abord qu’il y ait un projet», a-t-il expliqué. Il a aussi fait valoir que le fruit du travail des deux comités serait présenté aux résidants d’Outremont avant son adoption.