(Photo:Éric Carrière)
Michael Rosenberg sera-t-il destitué?
Un groupe de résidants fait ces jours-ci une demande on ne peut plus particulière. Avec à sa tête un résidant, Pierre Lacerte, près de quarante signataires d’une pétition demandent la destitution de Michael Rosenberg de la Commission consultative permanente sur les relations intercommunautaires.(Geneviève Allard et Julie Charette)
Pour M. Lacerte et les signataires, M. Rosenberg est «indigne de siéger sur cette commission au mandat particulièrement délicat», parce qu’il contreviendrait depuis des années à divers règlements municipaux. Pierre Lacerte a fourni à L’Express d’Outremont un volumineux document de 97 pages, un dossier qu’il a aussi remis à la séance du conseil d'arrondissement d’octobre. Il y répertorie de nombreuses photos sur lesquelles on aperçoit le véhicule de M. Rosenberg, un membre de la communauté hassidique stationné illégalement, en double et/ou à contresens devant la synagogue de la rue Hutchison. Les photos ont été prises sur une période de deux ans et demi.
M. Lacerte avance aussi que pour s’éviter des contraventions, certains propriétaires de véhicules fautifs, membres de la communauté hassidique, ont recours à un subterfuge. «Le propriétaire de la voiture […]demande à de jeunes enfants hassidim d’environ 6 ans d’aller placer sur le pare-brise de sa voiture une contravention qu’un de ses coreligionnaires s’étaient fait remettre antérieurement pour une autre infraction commise ailleurs», révèle le document préparé par le résidant de la rue Hutchison.
Pierre Lacerte a soulevé cette question à la séance du conseil d'arrondissement de septembre, sans nommer M. Rosenberg. Le maire de l’époque, Stéphane Harbour, lui avait dit d’aller voir le Service de police pour régler ce problème de stationnement, mais n’avait rien proposé en ce qui a trait à la légitimité de M. Rosenberg à siéger à la commission.
Le résidant, ancien journaliste, est revenu avec son document au conseil d’octobre, où aucune réponse ne lui a été fournie. Il a ensuite été voir la police qui lui a dit que rien ne pouvait être fait et que la décision de destituer un membre d’une commission relevait du conseil.
«La police ne s’en occupe pas [du stationnement illégal], je ne compte plus le nombre de fois où je les ai appelés. J’ai parlé au président de la commission, le conseiller Louis Moffatt, pour connaître la procédure pour destituer un membre. Il m’a demandé si j’avais un mécanisme de destitution à proposer», s’étonne M. Lacerte.
Selon l’information fournie par le site de la Ville de Montréal, la commission vise à multiplier les occasions de rapprochement entre les différentes communautés, à concevoir des campagnes d’information visant à favoriser une meilleure compréhension mutuelle entre les différentes communautés ethniques, culturelles et religieuses sur le territoire, à étudier les demandes d’accommodements raisonnables, ainsi que d’organiser des conférences sur les valeurs qui gouvernent chacune des communautés.
M. Lacerte est conscient qu’il pourrait être taxé d’antisémitisme, mais jure qu’il ne l’est pas. «J’habite Outremont depuis 1985 et j’ai beaucoup voyagé dans ma vie. Au début, ça ne me dérangeait pas [la cohabitation avec la communauté hassidique], mais au fil des ans, j’avoue que c’est devenu lourd», souffle-t-il. Il admet que cette requête est la première d’une série de démarches sur des modes de fonctionnement qu’il juge inacceptables au sein d’une communauté où il fait bon vivre.
Malaise au sein de la commission
Pour Marc Vanier Vincent, qui siège sur la Commission consultative permanente sur les relations intercommunautaires, mise sur pied en 2006, il ne peut s’exprimer au nom de son groupe. Il demeure toutefois que la question devra être posée lors de la prochaine rencontre, prévue la semaine prochaine. «C’est important d’en parler, surtout lorsque que quelqu’un est pointé du doigt», dit-il, arguant du même coup que les accusations sont assez graves, et qu’il doute qu’un résidant soit d’assez mauvaise foi pour trafiquer des photos.
«Il est clair que j’aurais aimé mettre la main sur le dossier présenté par le résidant au conseil», ajoute-t-il. M. Vanier Vincent dit ne pas savoir s’il existe un mécanisme permettant de destituer un membre d’une commission consultative.
«Je ne dirai pas qu’il n’y a pas de frictions au sein de la commission, a admis Louis Moffatt. Nous n’avons pas eu de rencontres depuis que M. Lacerte est venu au conseil. On pourrait aborder cette question à l’ordre du jour la semaine prochaine.»
Toujours selon le président, il n’y a pas de mécanisme permettant de destituer un membre, mais il y a «un code d’éthique qui circonscrit les responsabilités des membres vis-à-vis de la commission.»
Marie Cinq-Mars, brièvement mairesse suppléante de l’arrondissement d’Outremont, a soutenu que le dossier n’avait pas encore été abordé par les membres du conseil.
Nous avons tenté de rejoindre M. Rosenberg pour obtenir ses réactions, mais on nous a informé qu’il était à l’extérieur de la ville et ne pourrait pas retourner notre appel avant un bon moment.