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HEC Montréal à l'ère de la mondialisation du savoir

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 15 novembre 2007 à 10:00
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HEC Montréal à l'ère de la mondialisation du savoir
Selon Michel Patry, directeur de HEC Montréal, la mondialisation accrue de l'économie impose de nouveaux besoins de formation aux dirigeants d'entreprises.(Photo:Éric Carrière)
HEC Montréal à l'ère de la mondialisation du savoir
Jacques Parizeau et Pauline Marois y ont fait leurs classes. Des vieux routiers tels Rémi Marcoux (Transcontinental) et Pierre Brunet (Caisse de dépôt et placement) aux jeunes loups du monde des affaires Thierry Vandal (Hydro-Québec) et Yannis Mallat (Ubisoft), HEC Montréal forme depuis 100 ans l'élite francophone du Québec. Regard sur une institution bien de son temps.
En 100 ans, HEC Montréal a vu défiler près de 57 000 étudiants. Chaque année, l'institution du chemin de la Côte-Sainte-Catherine reçoit environ 12 000 inscriptions et forme quelque 7 000 cadres. On est loin de la petite école d'administration qui ouvrait ses portes en 1908 dans le Carré Viger, avec 32 étudiants.

En 2007, l'établissement conserve cet esprit d'indépendance qui le caractérise depuis sa création, première institution d'enseignement au Canada à n'être assujettie ni à un groupe religieux ni à une université. Signe des temps: Aujourd'hui, près du tiers de ses étudiants proviennent de l'étranger, et la parité homme femme est pratiquement atteinte.

L'«école des cadres» n'a pas attendu les dernières années pour prendre le virage de la mondialisation. Depuis 10 ans, de nombreux programmes y sont offerts dans les deux langues officielles. Il y a trois ans, on introduisait l'espagnol au premier cycle. Cette année, le chinois a fait son entrée dans les salles de cours. Une centaine d'étudiants se sont inscrits, et on prévoit tripler la capacité pour ce programme l'an prochain.
La révolution en marche
La mondialisation bouleverse la façon de faire des affaires. Pour préparer les dirigeants à négocier la vague, l'institution travaille à remanier certains de ses programmes en gestion. «Avec l'émergence des pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), les entreprises québécoises ont des défis considérables. La locomotive est en marche. La Chine bouleverse les circuits internationaux, entraînant des changements majeurs pour les gestionnaires», affirme Michel Patry, directeur de HEC Montréal.
Pour s'y adapter, les PME québécoises doivent revoir de fond en comble l'ensemble de leurs processus, de la gestion aux finances en passant par les ressources humaines. «On pourrait faire plus en matière de formation. Les entreprises sont happées par la force des choses. Elles n'ont pas le temps de s'arrêter à réfléchir aux moyens d'aborder les changements. On a besoin de cadres formés pour assurer la transition», illustre M. Patry.
Une croissance nécessaire
D'autres défis se profilent à l'horizon. La gestion des espaces est un souci majeur. Il manque près de 15 000 m² pour répondre aux visées d'expansion de l'institution. Ses terrains, au flanc du mont Royal, sont occupés à pleine capacité. «Une des solutions consiste à se greffer au projet de développement du campus de l'Université de Montréal, avec laquelle nous sommes affiliés. C'est une piste que nous étudions de près», précise le directeur.
La question du financement est également cruciale. Depuis plusieurs années, l'établissement réclame des outils pour accroître ses ressources. Les moyens dont il dispose actuellement ne lui permettent pas d'affronter la concurrence à armes égales, soutient la direction. Augmenter les frais de scolarité, solliciter davantage les coffres de l'état ? Le débat est ouvert.

«Nos programmes sont compétitifs avec les meilleures universités canadiennes grâce à la qualité de notre corps professoral. Cependant, nous avons besoin de moyens financiers à la hauteur pour ne pas perdre nos enseignants au profit de nos concurrents», fait valoir le directeur.
Le virage du durable
Au cours des prochaines semaines, HEC Montréal dévoilera à son tour un plan de développement durable regroupant des initiatives concrètes dans plusieurs domaines, comme l'énergie, les transports et la gestion des matières résiduelles. Ces mesures seront mises en place d'ici juin prochain, promet-on. «La cohabitation avec les espaces protégés du mont Royal exige des efforts plus importants pour préserver notre milieu de vie, conclut M. Patry. Comme institution d'avant-garde, nous nous devons de nous montrer exemplaires dans ce domaine aussi.»
Histo express
1907: Création de l'École des hautes études commerciales de Montréal

1908: Construction d'un bâtiment dans le Carré Viger

1910: L'école accueille ses 32 premiers étudiants

1943: Première femme inscrite à la licence, Alma Lepage

1970: Déménagement rue Decelles

1972: Création de la première chaire, consacrée aux petites et moyennes entreprises

1986: Première campagne de financement autonome

1988: Création de la première chaire financée par l'entreprise, la chaire d'entrepreneurship McLean Hunter

1996: Inauguration d'un nouvel édifice chemin de la Côte-Sainte-Catherine

2002: Nouvelle identité: HEC Montréal

2007: 100e anniversaire

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