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Nostalgie de Noël

Article mis en ligne le 4 décembre 2007 à 17:00
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Nostalgie de Noël
Vous souvenez-vous de vos premiers Noëls? Ceux de votre enfance? Le sapin qui embaumait la maison, que l'on décorait avec maman, juste après un samedi passé à la patinoire. Les flocons qui valsaient à la sortie de la messe de minuit. Les jeux de cachette sous les manteaux de fourrure de nos grand-mères, lourds de parfum bon marché dont nous aimions pourtant l'odeur. Nos parents qui nous permettaient de boire de la liqueur, de manger des chips et de veiller tard. Quand tout ce qui nous importait, c'était s'amuser et... se sentir aimé.
Aujourd'hui, c'est tellement différent. Les sapins aux jeux de lumières DEL ont la cote. Les patinoires sont de plus en plus vides et les ventes de consoles Wii montent en flèche. La neige se fait rare avant janvier. La messe de minuit est à 19h pour accommoder les familles reconstituées qui ont quatre partys dans la même soirée. Les manteaux de fourrure sont maintenant synthétiques et sentent le parfum acheté à crédit. Les friandises ne sont plus des gâteries et tout ce qui importe aux enfants, c'est d'avoir le plus grand nombre de cadeaux possible. Sinon, c'est la crise.

Mais qu'est-ce qui a changé cette belle fête remplie d'amour, de partage? Le pouvoir de la consommation? Peut-être en partie. Mais j'ai un autre son de cloche. Je vais probablement me faire lapider, mais je lâche le morceau. C'est la faute au... féminisme.

Donnez-moi une chance de m'expliquer avant de m'envoyer au bûcher.

Avant l'avènement du mouvement féministe, la majorité des femmes ne travaillaient pas à l'extérieur. Elles s'occupaient de la maison. Tâche énorme et pas toujours facile, j'en conviens. D'un autre côté, imaginez-vous à la maison en plein mois de décembre, pas de travail. Les enfants sont à l'école, le ménage est fait. Vous avez du TEMPS. Qu'est-ce que vous faites? Vous préparez avec amour de bons petits plats pour les fêtes qui s'en viennent. Vous écoutez tout simplement Clodine et vous vous mettez au tricot, c'est tendance! (bon Dieu que je déteste ce mot). Vous préparez des cadeaux faits de vos propres petites mains. La seule ombre au tableau, c'est que votre budget est limité, car votre chum est le seul à travailler, alors les enfants devront se contenter d'un seul cadeau. Mais comment pourraient-ils s'en formaliser? Ils sont contents de vous voir à leur retour de l'école, ils sont heureux de faire l'arbre de Noël avec maman qui est toute là pour eux, maman qui vit le moment présent, qui n'a pas de tracas administratifs ramenés du bureau, qui n'a pas à se taper le trafic, etc., etc.

Le féminisme a tué la magie de Noël. Fini, la maman aimante à la maison. Maintenant, maman est une superwoman qui même après toutes ces années de gloire féminine, n'arrive toujours pas à la conciliation travail-famille. Elle arrive à la maison, épuisée de trop vouloir performer, se dépêche à faire les milliers d'autres tâches quotidiennes qu'elle s'impose et qui ne sont absolument pas utiles à la survie de son espèce. Son chum l'aide comme il peut, mais ce n'est pas fait à son goût alors elle repasse derrière... Sa journée enfin terminée à 23h, elle est fatiguée, elle n'a plus envie de baiser, son chum est frustré, deviens blasé... c'est le début de la fin. Un autre couple à la dérive, un autre divorce, une autre famille éclatée en morceaux.

Les enfants nés du féminisme, la clé dans le cou, sont déjà des vieillards à 10 ans. Ils ont appris à se comporter en adulte. Leurs parents, dans leur quête de pouvoir, ont oublié de prendre le temps de jouer avec eux et les ont postés devant une télévision ou un ordinateur. Pour compenser. Vous savez, les enfants copient leurs parents, même s'ils ne veulent pas être comme eux. Alors, ils deviennent, eux aussi, vides et avides de tout posséder. Noël devient, pour eux aussi, une autre course folle au centre commercial.

Quand les femmes comprendront qu'elles ne peuvent pas tout faire à elles seules. Quand elles reconnaîtront que la perfection est une question de perception. Quand elles réaliseront qu'elles ont beaucoup perdu à trop vouloir gagner. Quand elles reprendront la place qui est la leur : celle de la femme aimante, pleine de tendresse et de compassion pour son prochain. Alors peut-être nos enfants pourront-ils vivre les vraies valeurs de nos Noëls d'antan. Merci maman d'avoir été là pour nous et de nous avoir permis de vivre de vrais Noëls.

N'avez-vous pas envie que votre enfant vous dise la même chose quand il aura 34 ans?



Julie Bouchard

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