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Transcontinental
François Bissonnette Remax
L'Express d'Outremont / Mont-Royal
Concours photos 2008
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Un tigre pour Noël

Article mis en ligne le 8 janvier 2008 à 15:36
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Un tigre pour Noël
Ici, les touristes patients pouvaient passer des heures à admirer les daims, les singes et centaines d’oiseaux colorés avant le passage de Sidr.
Un tigre pour Noël
Voir le Golfe du Bengale. Découvrir la plus grande forêt de mangroves du monde. Être poursuivi par un tigre royal. Mais non ! Constater les ravages du cyclone Sidr. Noël dans les Sunderbans, pourquoi pas ?
Chargés comme des mules, nous expliquons aux dix personnes qui nous entourent que nous cherchons le bus pour Khulna. En deux temps trois mouvements, le directeur de la station nous catapulte dans un vieux bolide. La curiosité des gens du coin a ses avantages. On n’est jamais perdu ici. Ou plutôt, on l’est souvent, mais pas longtemps. Même scénario à l’arrivée.

Le lendemain vers 14 heures, nous embarquons à bord du M.S. Aboshar. Enfin, des vacances. Quatre jours à ne rien penser. À ne pas se demander où manger. Qui joindre et avec quel téléphone. Quatre jours de silence à regarder la nature.
Lieux inhabités
Personne, ou presque, n’habite les Sunderbans. Seuls quelques employés du ministère de l’Environnement, concentrés en quelques points, occupent les lieux en permanence. La forêt tropicale, avec ses marées de deux mètres, ses sols boueux et ses eaux salées, est plutôt inhospitalière aux hommes.
La forêt de mangrove naît au contact de l’eau douce et de l’eau salée. Unique, la végétation qui y pousse est toute adaptée aux conditions extrêmes. Partout dans les Sunderbans, des racines sortent de terre pour respirer. Lorsque le Sundari Tree est submergé pour une longue période, l’arbre de 25 mètres de hauteur se protège en durcissant son écorce.

Après le passage de Sidr, une grande partie de la forêt est endommagée. La quantité d’arbres latents, tordus, déracinés ou suspendus dans le vide nous surprend. Peu de verdure sous les tropiques.
Playa del Sunderbans
Jour de Noël. Coup de téléphone à la famille en direct de la Baie du Bengale. Le réseau de cellulaire du Bangladesh est à faire pâlir de honte les fournisseurs québécois. Nous jetons l’ancre près d’une magnifique plage de sable gris. Une longue marche sur la grève permet de compenser pour ce 25 décembre sans Tourtière du Lac. À onze heures de décalage en avant, on pense au temps des Fêtes avec un pincement au coeur. Dans ce contexte, un simple « Merry Christmas » devient réconfortant.
Sur la plage, des traces fraîches d’un tigre du Bengale. Il doit être passé par là ce matin. Avec l’espoir d’apercevoir un méchant minet, nous traversons l’île escortés de deux « gardes-touristes » à la carabine. Dans les champs, quelques daims. Très peu, nous explique-t-on. Le cyclone a probablement forcé les espèces à se reculer loin des cours d’eau.

À la pointe Sud, le village forestier de Kotka est carrément démoli. La dizaine de petites maisons surélevées n’a pas résisté aux vents de 240 km/h. Heureusement, ici, aucun mort. Les cinq employés au service du gouvernement ont dû s’agripper solidement au toit durant le sinistre. Ils sont encore chanceux de ne pas s’être réfugiés dans l’abri anti-cyclone. Celui-là est, aujourd’hui, plat comme une galette...

Déjà, il faut rebrousser chemin. L’eau, le brouillard et les étoiles à perte de vue ne peuvent durer éternellement. Dernière réunion de famille sur le pont. Le propriétaire de la compagnie touristique s’excuse humblement. Ce que l’on a vu n’a rien du spectacle habituel des Sunderbans. La visite a été l’occasion, pour lui aussi, de constater les dommages après la tempête.

Retour à Khulna. Prochain défi: Jessore. Nous visiterons les projets d’une organisation non-gouvernementale (ONG) locale. Mais avant tout, il faut vraiment trouver internet haute-vitesse. Il semble que ce soit plus difficile à trouver qu’un tigre du Bengale !
par Claude Bouchard et Étienne Laberge

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