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Un modèle à copier coller

par Julie Charette
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Article mis en ligne le 24 janvier 2008 à 11:26
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Un modèle à copier coller
Bertrand Martin, qui est atteint d’une légère déficience intellectuelle, a relevé tout un défi: créer sa propre entreprise. (Photo: Jacques Pharand)
Un modèle à copier coller
Vouloir prendre une part active à la vie en société représente souvent un défi pour les personnes déficientes intellectuellement. Bertrand Martin l’a relevé en devenant propriétaire en 2006 de la Boutique Copier-Coller. "Success-story" d’un jeune trentenaire avide de réaliser son plein potentiel.
«Je n’avais pas envie de travailler dans un atelier et de compter des crayons», indique Bertrand Martin qui est atteint depuis la naissance d’une légère déficience intellectuelle. Il souligne ainsi que les tâches effectuées dans les entreprises de réinsertion sociale sont souvent répétitives.

L’idée derrière l’ouverture de la Boutique Copier-Coller est de favoriser l’insertion socioprofessionnelle des personnes atteintes de déficience intellectuelle. Copier-Coller constitue en quelque sorte un laboratoire afin de développer un modèle de commerce faisant travailler des gens avec une déficience intellectuelle.

«Après des ateliers de réinsertion sociale, le saut sur le marché du travail standard est souvent difficile. Les entreprises n’ont souvent pas la flexibilité nécessaire pour encadrer les gens comme Bertrand», signale la conseillère en communications de la boutique, Annie Crémont. «Les gens ne veulent pas me développer, ils n’ont pas la patience», renchérit Bertrand.
Soutien familial
Comment une boutique comme Copier-Coller a-t-elle voir le jour? Bertrand est l’un des trois fils de Jean Martin, qui a dirigé l’entreprise Martin Assurance et Gestion de Risques. Bertrand y a travaillé pendant 12 ans, vaquant à diverses tâches telles que la distribution du courrier et la reprographie. Une expérience lui ayant permis de développer certaines aptitudes utiles dans son occupation actuelle.
En étant propriétaire d’un centre de photocopies et d’un café Internet, il met de l’avant sa plus grande qualité selon ses collègues de travail: sa sociabilité. «Ma force a toujours été le service à la clientèle», confie-t-il.

Une entreprise de ce type peut être en opération en raison notamment du travail administratif effectué par le père de Bertrand, d’un solide réseau d’intervenants et de la présence de collègues attentifs.

Au sein de Copier-Coller, Justyna Guzdek est bien plus qu’une infographiste, elle est aussi «le bras droit» de Bertrand. «Justyna est un genre de "backup" pour moi», explique-t-il.

Collaborant depuis un an et demi, Justyna et Bertrand ont appris à utiliser les forces de chacun et à s’adapter à leurs différentes façons de travailler. «J’ai appris à comprendre comment fonctionne le cerveau de Bertrand», rigole Justyna.

Bertrand serait le «meilleur vendeur de cartouches d’encre de la Ville» et est bien au fait des limites imposées par sa légère déficience intellectuelle. «Ce n’est pas parce que je ne veux pas faire certaines tâches, c’est que je ne suis pas capable, comme travailler à l’ordinateur.»

Il avoue candidement qu’au quotidien son plus grand défi est le temps qu’il met à s’adapter aux nouveaux employés. Pourvu d’une mémoire que ses collègues qualifient de «phénoménale», il mémorise sans difficulté noms et numéros de téléphone.

(Photo: Jacques Pharand)

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