Lorraine Pintal et la planète cinéma
Résidante d’Outremont depuis une vingtaine d’années, la directrice du Théâtre du Nouveau Monde, metteure en scène, comédienne et réalisatrice Lorraine Pintal ajoute une corde à son arc. Elle est aussi porte-parole du 26e Festival international du film sur l’art (FIFA) qui prendra d’assaut les écrans de la métropole du 6 au 16 mars.
«Le FIFA est le seul festival qui explore la voie du film d’art et d’essai. Les œuvres présentées sur la scène internationale témoignent de la vivacité des cultures d’une façon différente. C’est un festival ouvert sur le monde et qui permet à Montréal de se positionner sur l’échelle du monde et d’amener le monde chez nous», confie la directrice du Théâtre du Nouveau Monde (TNM).
Celle qui fréquentait déjà le FIFA avant d’être nommée présidente du jury l’an dernier croit qu’il constitue l’un des événements artistiques d’envergure à Montréal. En tant que présidente du jury, elle a visionné l’an dernier pas moins de 40 films en 10 jours. «Cela a été une expérience formidable. J’ai eu l’impression d’avoir été hors du temps pendant 10 jours.»
Cette année, le jury du FIFA sera présidé par le scénariste et romancier Stéphane Bourguignon. Il sera accompagné du journaliste François Bugingo, de la critique d’art française Catherine Bédard, de la documentariste allemande Bettina Ehrhardt et du cinéaste français François Lévy-Kuentz l’accompagneront.
Un festival bien vivant
Près de 300 films provenant d’une trentaine de pays seront projetés dans huit salles montréalaises. Au dire de Mme Pintal il est représentatif de la vitalité de Montréal comme métropole culturelle.
«Il est assez étonnant de pouvoir témoigner de la longévité d’un tel festival et il y a du monde dans les salles. Il défie toutes les lois du commerce et de la rentabilité! C’est le seul festival qui nous fait entrer en contact avec des démarches différentes.»
Réfutant l’étiquette élitiste souvent accolée aux films d’art et d’essai, la directrice du TNM croit plutôt que le public du FIFA est aussi diversifié que «la mosaïque de cultures différentes qu’il présente». «Contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas une démarche élitiste. Le festival présente des artistes dont les démarches sortent des sentiers battus et les rendent très accessibles.»
À titre d’exemple, elle note la présentation à chaque année de portraits d’artistes. «Seul un festival de film sur l’art peut projeter des films présentant à la fois le portrait d’un artiste et sa démarche artistique. Par exemple, il y a deux ans, j’ai vu un magnifique portrait du comédien Paul Hébert.»
Elle note aussi que la projection l’an dernier de L’Art du Nu, un documentaire de Renée Claude Riendeau et Bernar Hébert relatant l’évolution de la représentation du nu dans diverses disciplines artistiques avait fait courir les foules.
Soulignant l’atmosphère festive du FIFA et la présence de spectateurs de tous les âges, la porte-parole précise que le FIFA «fait de l’éducation du public» en projetant des films n’ayant souvent pas une large diffusion.
À quoi doit-on s’attendre lorsqu’on fréquente le FIFA? «Il faut aimer être déstabilisé et avoir l’attrait de la découverte. On est très actif quand on va au FIFA.»
(Photo: Éric Carrière)