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François Bissonnette Remax
L'Express d'Outremont / Mont-Royal
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Un crétinisme antireligieux?

Article mis en ligne le 9 mars 2008 à 7:33
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Un crétinisme antireligieux?
C’est le maudit grand «mélange». Le grand «ménage» québécois avec plein de gens rancuniers qui fourrent dans un même sac (vert!): religion, spiritualité, foi. Jésus-le-Christ et le Vatican. Les évangiles et les règlements moraux des églises.

Cette actuelle «guéguerre» québécoise amène un brillant comédien, homosexuel assumé se déclarant «un petit garçon abusé» par un de ces curés-touche-pipi, j’ai nommé André Montmorency, à faire un «appel à tous »: Écrivez au cardinal Turcotte pour apostasier officiellement le catholicisme! Le brillant chroniqueur Richard Martineau, en vue d’un deuxième mariage chez les protestants, l’a fait récemment, c’est correct.

La très grande majorité des Québécois, sans griefs du genre «Orphelins de Duplessis, va reconnaître plutôt les immenses bienfaits du catholicisme québécois. On ne voudra jamais oublier que ce cléricalisme —triomphant de 1850 à 1950— a contribué efficacement à notre survie collective comme nation. À empêcher notre dilution organisée, tant souhaitée par nos conquérants lors du lâche abandon de sa colonie par la France. Pour les adultes d’ici, «bien informés», inutile de dresser la longue liste de ces bienfaits «religieux», dont l’instruction, les soins hospitaliers, etc.

Pas question évidemment de minimiser les graves dégâts commis par des prêtres pédophiles immondes. Maudite défaite de 1760 ou non, la pédophilie de ces religieux aurait duré. Il y en a eu partout. En France comme aux "USA". Les jeunes victimes de ces malheureux malades en sortent souvent avec, à jamais, la perte de la foi. Deviennent des incroyants, fatalité tout à fait compréhensible.

N’en reste pas moins, qu’en dehors de ces dérives lamentables, le bilan du catholicisme québécois est extrêmement honorable. C’est ignoble, une injustice grave, une ingratitude inouïe, de nier que notre religion d’antan fut un rempart bénéfique, notre salut collectif en tant que nation fragilisée. Je suis donc de ceux, reconnaissants, qui remercient volontiers le catholicisme d’ici.

Affirmons-le, il y a au Québec actuel un nouveau totalitarisme qui ose se montrer: un laïcisme agressif, aveugle, mesquin. Et si vain. Comment peut-on ignorer que depuis le début des hommes sur cette terre, il y a eu besoin de transcendance. Besoin de spiritualité, les antiques tombeaux, primitifs ou somptueux, étonnants cimetières des premiers âges de l’Homme, découverts par des archéologues, des anthropologues, l’illustrent à souhait.

Souhaitons pour un Québec moderne la laïcité publique nécessaire. Mais ce laïcisme vindicatif, renieur de tout le passé, mon pauvre Montmorency, est une bêtise grave. En toute maturité, sachons remettre en contexte historique des lois morales abusives, les «péchés de la chair» d’un puritanisme d’antan. Pire parfois en certaines religions hors le catholicisme, sachons-le. Ces anciennes maternités à répétition, tout le reste d’un rigorisme inhumain, bref, malgré cette vieille morale étriquée, il y a eu d’énormes, oui «énormes» bénéfices sociaux. Dénigrer, oublier, biffer rapidement l’immense générosité, les fabuleux apports sociaux de toutes ces femmes et de tous ces hommes en soutanes —qui oeuvraient dans écoles, collèges, hôpitaux, orphelinats, refuges de vieilles personnes démunis— quand l’État n’était pas encore organisé, bien constitué comme aujourd’hui, c’est truquer sa mémoire. Une défaillance pour vengeurs aveuglés, c’est faire montre d’une dureté abjecte, c’est l’ouvrage néfaste d’une petitesse déshonorante. À bas cette pose ingrate et vive une mémoire de justice.

C’est entendu, le catholicisme actuel résiste encore à des progrès désirables. À cause de ces barrières d’un autre âge, ces freins passéistes, je suis un de ceux qui ne reviennent pas à sa bonne vieille église. Nous sommes nombreux évidemment et aussi nos temples se vendent en condos quand ils ne sont pas de beaux monuments patrimoniaux. À conserver. Cela ne m’empêche pas de rendre à César et à la religion de mon enfance tous ces mérites.

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