Dans le cadre du 18e Rallye Aïcha des Gazelles, l’Outremontaise Francine Plante sillonnera la route du désert.
(Photo: Martin Paquette)
L’aventure du désert
Du 19 au 28 mars, les beautés et les rigueurs du désert marocain attendent pour une quatrième année une résidante d’Outremont. Dans le cadre du 18e Rallye Aïcha des Gazelles, Francine Plante roulera en 4X4 sur les traces des nomades.
«Quand j’ai fait le Rallye des Gazelles, j’ai réalisé que j’étais capable de faire des choses le "fun" dans la vie et que c’est moi qui me mettait des barrières. J’ai besoin d’être dépaysée, de faire une coupure brutale avec le quotidien. Je désire fuir la banalité et sortir de ma zone de confort et dans le désert, tu vis vraiment le moment présent», confie la résidante âgée de 44 ans.
En compagnie de sa coéquipière, Suzy Léveillé, Mme Parent parcourra un itinéraire balisé de près de 2500 km. Six étapes qu’elles complèteront en 4X4. «Je ne suis pas une athlète. Je suis une sportive de fin de semaine. Ce qui compte pour le Rallye des Gazelles c’est l’endurance, notamment à la fatigue. Le départ se fait à 6h du matin et tu sais quand tu pars, mais pas quand tu reviens», indique la conseillère en financement hypothécaire. Parmi les nombreux défis relevés par l’Outremontaise figure le tour de la Gaspésie en vélo, du ski de fond dans le parc des Laurentides, le Raid Amazones et l’ascension du Kilimandjaro.
Les 192 participantes de 14 nationalités différentes navigueront à l’ancienne, avec cartes et boussoles puisque l’utilisation du GPS est interdite. «Il y a un GPS dans la voiture, mais il est interdit de l’utiliser. C’est pour que l’organisation sache où nous sommes. C’est très sécurisant de savoir que si on se perd, ils vont pouvoir venir nous chercher», signale celle qui est maman de trois enfants.
La centaine d’équipages exclusivement féminine, dont 11 équipes québécoises, devra démontrer sa finesse dans l’analyse et la lecture de cartes. La vitesse ne représente pas un critère dans l’obtention des points. «Nous avons de cinq à sept balises à trouver par jour et on va passer de 16 à 18 heures dans le désert. On parcourt de grandes distances, soit près de 250 km par jour. C’est la distance qui compte. Le parcours est calculé à vol d’oiseau. L’équipe gagnante est celle qui a accumulé le moins de km excédentaires par rapport au parcours à vol d’oiseau.»
À ses deux premières participations en 4X4 au Rallye Aïcha des Gazelles, Mme Parent a grimpé sur le podium. Lors de sa dernière aventure à ce Rallye, l’Outremontaise a pris le départ avec sa coéquipière en moto. «Huit mois avant le départ, nous n’avions jamais fait de moto! Dans l’histoire du Rallye des Gazelles, nous avons été le premier équipage à terminer la course à moto!»
Un rallye solidaire
«Comme il n’y a pas d’argent en jeu pour les gagnantes, c’est un rallye réputé pour sa solidarité. Quand on voit les filles prises dans le sable, on s’arrête et on va pelleter. Les Gazelles développent des amitiés extraordinaires et nous avons une belle complicité entre nous!»
Qu’est ce qui fait courir l’Outremontaise? «Je suis une maman monoparentale et pendant huit jours, je vais me retrouver dans le désert face à moi-même. Je ne suis plus la mère, la voisine, je n’ai plus d’épicerie à faire! Pendant une semaine, je retourne en enfance et je n’ai plus de responsabilités!»
Les organisateurs du Rallye offrent une formation aux participantes. «Les filles ont l’obligation d’aller chercher leur base pour les cartes et la boussole. Ensuite, il y a une fin de semaine intensive avec, entre autres, une formation sur les cartes du Maroc et un atelier sur la mécanique.»
Bien que Mme Parent et sa coéquipière déboursent près de 40 000$ pour prendre part au Rallye, la route du désert en vaut le coup. «Le désert, c’est mythique. J’envie les nouvelles filles qui partent et la fébrilité qu’elles ressentent. Elles n’auront pas les yeux assez grands pour tout voir. Le désert, c’est très vivant», souffle-t-elle.
Le grand départ sera donné le 19 mars à Nejjakh, dans la région d’Erfoud et l’arrivée se fera le 28 mars à Foum-Aguid. Les aventurières prendront ensuite la route de la mer pour célébrer à Essaouira, située sur les rives de l’océan Atlantique.
Le Rallye Aïcha des Gazelles soutient une caravane médicale, Cœur de Gazelles composée de 12 médecins et de cinq infirmières ayant l’objectif de soigner 2000 personnes, de distribuer des médicaments sur prescriptions médicales et de prescrire des traitements aux habitants d’une dizaine de villages.
(Photo: Martin Paquette)
(Photo: Courtoisie)