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François Bissonnette Remax
L'Express d'Outremont / Mont-Royal
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Bonjour police des p’tits cochons!

Article mis en ligne le 22 mars 2008 à 14:39
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Bonjour police des p’tits cochons!
Entendez-vous l’hypocrisie qui crie? Entendez-vous les protestations niaises? «Ottawa va voter une loi C-10, la vilaine censure à nos portes, la police des idées, c’est effrayant, terrible!» Non, mais...Quelle bande de singes criards, ce gang de faux innocents. Je l’ai déjà écrit: la licence folle amène, tôt ou tard, les flics.

Des jumeaux? Un réalisateur voyeuriste obsédé qui s’acoquine avec un exhibitionniste obsédé, avec l’argent des économies des travailleurs, ça peut donner un Borderline. Film complaisant, statique, simpliste. Redondante illustration d’une mignonne psychosée, étudiante en littérature à l’UQAM, qui agace son prof mal marié. Oui, les créateurs détraqués attirent la censure, les déboussolés, la police. Face aux infantiles niaiseries —à pipi-caca-foutre— c’est la montée des réactionnaires. Le réac confondra érotisme sain avec les excès de ces marchands. Même chose pour le film à couteaux, à fusils pour fleuve d’hémoglobines avec carcasses humaines mises en coffre d’automobile.

Ces séquelles d’«amériquétaineries» en vue du record au guichet du week-end, peuvent se faire, mais avec le fric de ces commerçants, pas avec nos impôts et nos taxes. Une intelligente loi 10 pourrait-elle régler la question? Sinon? Sinon, à force de puériles démonstrations pornos avec un «s» car la violence gratuite est une porno—, fatalement ce sera la venue d’un horrible vrai ministère de la peur. Tel que décrit par Arthur Koestler. Qui nuirait totalement à la vraie liberté. Je le réaffirme : sont liberticides ces connards qui ont comme seul talent d’exciter le petit-bourgeois. Un jour ils ricanent avec leurs images de déréliction et, un autre jour ils se voilent la face: «Maman, voilà les flics, la loi C-10!»

Je me rase en écoutant brailler tout ces chroniqueurs, critiques, décadents qui applaudissent complaisamment les «markettés» exprès pour scandaliser. Face à C-10, ces pleureuses en leur cortège hypocrite chialent : « C’est-y assez effrayant, le gouvernement veut régir les moeurs!» Qui tue la liberté? Eux, ces publicistes en violence et en porno, ces artistes pathétiques qui confondent déliquescence et sujets courageux. Tel l’excellent Le Ring. Ces libidineux frustrés sèment les graines de la répression et des néo-cons nerveux vont en profiter. Pour museler nos épivardés, ils feront taire les courageux qui cherchent à repousser vraiment les frontières de la création.

Au Québec, plein de réalisateurs-producteurs, vieux voyous incultes, jouent volontiers les bums de la pellicule et cela avec les subventions de l’État. Donc avec le fric des travailleurs. En médias, c’est le docile chorus à esprits soi-disant forts qui louange dérives et dérapages. La servitude des complices combinée à la niaise peur de passer pour moralisateurs. Je suis moraliste, et fier de l’être, jamais moralisateur. Tant ignorent la différence. Le bon sens, comme le bon jugement, est entreposé au rayon des objets perdus, résultat actuel: l’ombre de la censure s’agrandit.

Voilà le risque. Bien le savoir: les assassins de la liberté sont ces libertaires sans boussole aucune qui versent des larmes de crocodile à la «parade-anticensure». On me permettra de refuser de me mettre en rang à ce défilé. Contre ces zélotes commerçants du pipi-caca-foutre, voici mon modeste avis: oui, il y menace avec cette loi C-10, mais il est trop tard les geignards, taisez-vous les irresponsables, les p’tits cochons bornés qui servent à dresser cette sorte de bûcher.

À cause de votre imbécile amoralité tous azimuts, juste pour le box-office, eh bien oui, vous avez amené les policiers au Parlement, chez M. Harper. Hélas pour les talents capables, eux, de défendre les vraies libertés. Ayez la décence de vous la fermer, surtout, la décence de fabriquer votre pacotille à cul-que-veux-tu avec vos propres sous. Téléfilm et autres «subventionneurs» ne doivent plus à collaborer, encore moins «promotionner», financièrement vos navets, même s’ils sont populaires auprès d’un peuple «enniaisé» que l’on méprise, qu’on abuse, dont on profite.

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