Marie Mineau, survivante du cancer du sein et battante au grand cœur. (Photo: Jacques Pharand)
Pour toutes les Marie du monde
Marie Mineau est de la trempe de ces héroïnes dont on entend peu parler. À mille lieues des Superman et autre preux chevaliers à cape de ce monde, elle a combattu un monstre des plus coriaces, le cancer du sein. La maladie a délaissé son corps depuis un an environ et voilà que la résidante d’Outremont et enseignante de l’école Saint-Clément marche pour la cause pour la deuxième fois déjà dans le groupe «Les Mamans pour Marie» lors du Weekend pour vaincre le cancer du sein de l’Hôpital général juif du 22 au 24 août.
Le diagnostic est tombé en 2006 et peu après naissait «Les Mamans pour Marie». «Je n’avais pas pu finir l’année scolaire à cause du cancer et ce sont des parents de mes élèves qui ont décidé de se mobiliser. Des parents que je ne connaissais que parce que j’étais l’enseignante de leur enfant», raconte Marie Mineau, émue par ce geste altruiste.
Il y a un an donc, elle était opérée, finissait ses traitements et marchait avec le groupe formé de 15 personnes, dont ses quatre enfants, âgés de 22, 20, 17 et 16 ans.
L’Outremontaise a détecté son cancer par l’auto-examen. Et dire que la mammographie deux ans auparavant ne décelait rien! Dans sa famille, deux tantes ont aussi eu cette forme de cancer qui touche une Canadienne sur neuf.
Lors du périple de 60 kilomètres sur deux jours qui amène les marcheurs du Stade olympique à Dorval, des rubans roses ornent les boutonnières des survivantes et des bleus pour les autres. Marie Mineau évoque, les larmes dans la voix, ces gens qui marchent malgré la perte récente d’une des leurs. «C’est extraordinaire, tout le monde marche pour la même cause. Tu es poussé par la foule et l’émotion. [… ] C’est sûr qu’une telle marche tisse des liens. Personnellement, ça m’a donné des ailes de voir que «Les Mamans pour Marie», c’est pour moi qu’on avait fait tout cela au départ.»
Une leçon de vie
Malgré la douleur et la peur, Marie Mineau ressort de cette expérience avec une toute façon de voir la vie. «Ça m’a fait apprendre qu’il ne faut pas oublier de penser à soi. Maintenant, je suis en forme, mais qui sait plus tard? Il faut aussi apprendre à laisser sa famille et nos proches à s’occuper de soi.»
L’enseignante de 4e année a compris dans la maladie qu’elle n’était pas une «superwoman» et qu’elle devait accepter de se laisser aller et ne pas tenter de tout contrôler. «Ce qui m’a beaucoup aidé durant la maladie est que j’allais marcher, ça permettait de me délier les muscles et de chasser les idées noires. […] Aussi, la chimiothérapie, qui est plus difficile que la radio, était très ardue. Pour me calmer et me relaxer, je faisais du yoga deux fois par semaine.»
Financer la recherche
L’an dernier, l’équipe avait amassé plus de 35 000$, un montant que le groupe formé de mamans, enseignants et amis tente de dépasser. Les dons peuvent être recueillis sur
www.endcancer.ca. «Les Mamans pour Marie» amasse aussi des fonds via des activités de financement à déterminer, et en sollicitant diverses entreprises. L’an dernier, Rythme FM avait donné près de 9 000$ à l’équipe!
Et Marie Mineau compte bien marcher pour encore longtemps! «J’ai trois filles et c’est sûr que je vais le faire pour elles et pour d’autres femmes, jusqu’à ce que je ne sois plus capable! En plus, ça devrait toucher tout le monde. Les filles ont des seins et les gars les aiment», rigole-t-elle.