Dans le cadre du programme Jeunes Entreprises, des élèves fréquentant, entre autres, le Collège Stanislas ont confectionné un foulard pouvant se convertir en sac!
(Photo: Éric Carrière)
"Full artisanal"
Un foulard fait entièrement de matières recyclées et se transformant en un tour de main en sac…une œuvre d’un grand designer québécois? Non, plutôt une création de l’entreprise Full-Art composée notamment d’élèves du Collège Stanislas et présidée par Ariane Lorrain, une résidante de Ville de Mont-Royal.
«On voulait absolument créer un produit écologique. En plus d’être fait de matières recyclées, notre produit répond à deux besoins, un sac et un foulard. On ne voulait pas créer quelque chose d’inutile», confie Ariane Lorrain.
Bien implanté dans diverses écoles québécoises, le programme Jeunes Entreprises vise l’acquisition d’aptitudes entrepreneuriales et la découverte du fonctionnement d’une entreprise. Les élèves de 5e secondaire sont invités à mettre sur pied de A à Z leur propre entreprise.
Composée de 26 jeunes étudiant au Collège Stanislas, au Collège Villa-Maria et à l’école secondaire Saint-Henri, Full-Art a démarré ses activités en octobre. « Ce programme est ouvert à tous les élèves de 5e secondaire de la province. La plupart des équipes représentent une école, mais nous on s’est dit qu’il pourrait être intéressant d’avoir accès à trois écoles différents, à trois milieux différents», explique celle qui a définitivement de la graine d’entrepreneure.
Le B.A.-ba de la création d’une entreprise
«On a d’abord fait une séance de "brainstorming" pour trouver le produit. Cinq filles aimant le design ont fait des prototypes et on a trouvé notre idée de foulard se transformant en sac.»
Au tout début du projet, les membres de Full-Art ont tenus des élections afin d’attribuer les différents postes de l’entreprise. Une présidente et des vice-présidents chargés notamment du marketing ou des finances ont été élus. Et la participation de chacun est indispensable pour la confection du foulard. «Tout le monde participe à la production et à la vente du produit. À chaque semaine on fabrique le produit et on doit ensuite les vendre.»
Des kiosques de vente dans les trois écoles fréquentées par les 26 élèves lors de journées portes ouvertes ou de célébrations ont été mis sur pied. Les parents et les amis ont aussi été sollicités. «L’un de nos objectifs était d’avoir une certaine visibilité et d’aller chercher des acheteurs potentiels ne faisant pas partie de notre entourage. On a donc décidé de vendre notre produit par Internet», mentionne Ariane. Par le biais de leur site Internet
seccotine.hec.ca), l’entreprise a acheminé des foulards en Irlande et en France après que des internautes aient eu vent de leur création.
Les participants au projet entament le sprint final puisqu’ils doivent fermer boutique au début mai. «On est obligé de tout liquider même si on aurait bien aimé continuer. On peut toujours repartir l’entreprise à notre compte, mais c’est vraiment plus difficile.»
Le bilan de la présidente après six mois d’activités? «Notre équipe a eu une bonne idée de produit, nous avons atteint tous les objectifs que l’on s’était fixés et on a eu de belles ventes. Avec ce projet, on apprend de nouvelles choses techniques. Mais on en apprend aussi sur le marketing, les finances ou l’informatique. On a développé aussi un esprit d’équipe et de "leadership" et on en apprend beaucoup sur soi-même», confie celle qui à la lumière de cette expérience souhaite œuvrer dans le monde des affaires.
Non seulement l’équipe de Full-Art est soucieuse de l’environnement et préoccupée par la surconsommation, mais elle a aussi pris la décision de verser ses profits à une organisation ayant à cœur la santé des enfants. «Au début du projet, on a décidé de ne pas se donner de salaire ou de commission parce que ce n’est pas la raison pour laquelle on participait au programme. Avec l’argent, on va plutôt s’organiser une grosse sortie de groupe et garder une partie des profits pour les donner à Opération Enfant Soleil.»
L’aventure de Full-Art prendra fin le 20 mai, alors que l’organisation Jeunes Entreprises tiendra un banquet dans un hôtel montréalais. Les efforts des jeunes entrepreneurs seront alors soulignés. Les jeunes de Full-Art pourraient alors rafler divers prix individuels ou d’équipe et des bourses d’études ou des emplois d’été.
(Photo: Éric Carrière)
(Photo: Éric Carrière)