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Valse médicale

par Julie Charette
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Article mis en ligne le 15 avril 2008 à 13:17
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Valse médicale
L’Outremontais Simon Paré a publié un émouvant récit, Vivre avec le cancer de la prostate et survivre aux docteurs. (Photo: Christine Bourgier) (Photo: Courtoisie) -
Valse médicale
Dévorer un récit sur le cancer de la prostate comme s’il s’agissait d’un roman, une utopie? Non, c’est plutôt l’œuvre d’un Outremontais, Simon Paré, et de son livre Vivre avec le cancer de la prostate et survivre aux docteurs.
«J’ai vécu l’écriture comme une aventure. Je me suis mis à raconter mes aventures avec les médecins à mes amis et ils m’ont dit que cela faisait de bonnes histoires. Raconter, c’est aussi un peu comme une thérapie», relate Simon Paré qui a reçu un diagnostic de cancer de la prostate en 1997.

Cancer le plus répandu chez les hommes au Canada, le cancer de la prostate souffre pourtant d’un déficit médiatique. «Les hommes ne parlent pas de leur maladie, ils ne veulent pas être malades. Ils ignorent la maladie et font comme si elle n’existait pas. Ils jouent à l’autruche», estime l’ingénieur de formation.

Ce silence a pourtant des conséquences néfastes lors des traitements. «Les hommes échangent peu d’informations et se retrouvent démunis devant la maladie. Je crois que mon livre a une approche masculine parce que la maladie y est prise avec un grain de sel», relate celui qui a déjà publié en 2004 un essai, Pourquoi votre patron est millionnaire (et pourquoi vous faites des heures supplémentaires).

S’adressant d’abord aux hommes ayant ou qui auront des problèmes de prostate, Vivre avec le cancer de la prostate et survivre aux docteurs constitue le portrait de la course à obstacles à laquelle sont confrontés les patients et leur entourage.

Règle générale, le cancer de la prostate se développe lentement et les personnes atteintes présentent peu de symptômes. «Le cancer commence dans la prostate, se répand ensuite sur son enveloppe et après dans les cellules migrantes. Quand il touche les os, il est fatal», explique M. Paré en précisant qu’Internet constitue une mine d’informations.
Survivre aux hôpitaux
Véritable plongée dans le dédale de la grande machine hospitalière, Vivre avec le cancer de la prostate et survivre aux docteurs témoigne de la rude expérience d’un patient atteint du cancer. «Ce que j’ai trouvé difficile c’est d’entrer dans le système. J’ai eu mon diagnostic en mars et mon premier traitement en oncologie en novembre. C’est très énervant», signale-t-il en soulignant la gentillesse du personnel hospitalier.
Décrivant le système hospitalier comme «gros et complexe», M. Paré estime qu’il faut avoir son médecin a l’œil. «La chose la plus importante, c’est de suivre les étapes du traitement rapidement et de pousser le médecin pour qu’il aille plus vite. Il faut faire soi-même le lien entre les différents médecins et il faut les surveiller afin d’être certain qu’ils ont, entre autres, toutes les bonnes informations sur notre dossier médical.»

Ayant rencontré une flopée de médecins spécialisés dans divers champs médicaux, M. Paré témoigne des différentes façons d’approcher la maladie. «Les médecins sont souvent comme des garagistes, ils sont des spécialistes. Cela m’a frappé qu’un seul de mes médecins eût un ordinateur. On nous promet depuis si longtemps un dossier médical intégré!»

Évoquer le cancer de la prostate implique de parler du corps sans fausse pudeur. Examens rectaux, radiothérapie ou biopsie de la prostate ponctuent le récit. «J’utilise des mots que ma mère m’avait défendu de dire en public! Au début, c’est vrai que j’étais un peu bloqué de parler de mes faiblesses, mais il faut en parler.»
Une histoire d’amour
«Il est très utile d’être à deux pour les rencontres cruciales parce qu’on est très nerveux. Même si on est préparé, on ne sait pas toujours quelles questions poser, on ne retient pas les réponses.» L’épouse de M. Paré, Hélène, l’accompagne tout au long du récit et insuffle une dose d’humanité. Nutritionniste de formation, elle permet de parler de l’importance de l’alimentation dans le traitement du cancer.
«L’attitude est tellement importante! Il faut aussi avoir une vie intérieure riche. Cela nous porte, nous encourage quand ça va mal. Avec la prière ou la méditation, on a l’impression que l’on n’est pas seul et que les choses sont relatives», mentionne celui qui fait du bénévolat au Centre culturel chrétien de Montréal.

Ayant travaillé pendant une trentaine d’années comme ingénieur spécialisé dans l’évaluation économique des projets pour Hydro-Québec et son pendant international, M. Paré a effectué nombre de séjours à l’étranger. Le Laos, le Sénégal, la Colombie et la Chine ont notamment bénéficié de son expertise. «La curiosité a été le moteur de ma vie!», mentionne-t-il en disant rêver d’un voyage en Italie.

Il a deux projets d’écriture en chantier: un livre composé de ses propres prières et un essai portant sur la consommation comme religion des temps modernes. Souhaitons que son esprit caustique et son humour parsèment d’autres récits!
Quelques chiffres
Le cancer de la prostate est la forme de cancer la plus répandue chez les Canadiens

Un homme sur 8 risque d'avoir un cancer de la prostate au cours de sa vie, le plus souvent après l'âge de 60 ans. Un homme sur 27 en mourra.

(Source: Société canadienne du cancer)

(Photo: Christine Bourgier)

(Photo: Courtoisie)

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