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François Bissonnette Remax
L'Express d'Outremont / Mont-Royal
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La transparence au cœur des discussions

Geneviève Allard par Geneviève Allard
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Article mis en ligne le 9 avril 2008 à 15:26
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La transparence au cœur des discussions
C’est durant près de 3 heures que la séance du conseil du mois d’avril s’est étendue lundi soir. Les résidants avaient plusieurs questions à poser à la mairesse, notamment sur la transparence, le recyclage et les déchets et le déroulement des comités consultatifs.
La mairesse Marie Cinq-Mars a ouvert la séance avec son maintenant traditionnel discours d’ouverture. Elle a d’abord exprimé sa joie et sa fierté de voir qu’Outremont se classe en tête de liste pour le Portrait 2006 des matières résiduelles de la Ville de Montréal. Mme Cinq-Mars a renchéri sur le fait qu’il restait encore beaucoup de travail à faire et que le comité consultatif sur l’environnement et le développement durable, avec à sa tête la conseillère Ana Nunes, bossait présentement sur un projet-pilote de compostage. «Aussi, nous installerons de nouveaux parcomètres avec des supports à vélo, le tout devant commencer sur l’avenue Laurier.» La mairesse a aussi invité la population à prendre part à la corvée de nettoyage qui se tiendra cette année le 3 mai, en compagnie d’élèves de l’école Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont et du Collège Stanislas. «Enfin, je suis fière d’annoncer qu’il n’y a aucune inquiétude à avoir par rapport à notre jardin communautaire, nous pourrons continuer sans problème à exploiter le nôtre.» La mairesse faisait référence à certains arrondissements aux prises avec des terrains contaminés, ce qui n’est pas le cas d’Outremont.

La grosse nouvelle qui est toutefois ressortie du discours d’ouverture de Mme Cinq-Mars est la création d’un comité de citoyens avec des représentants de différents groupes dans le dossier de la gare de triage. Cela fait suite à des demandes répétées de résidants qui souhaitaient que la mairesse prenne en considération le rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) qui recommandait de mettre sur pied un processus de concertation avec tous les acteurs du milieu, y compris les citoyens. «C’est une façon de répondre à l’OCPM», a admis la mairesse.

Se disant soucieuse de la transparence des procédures, Marie Cinq-Mars a aussi annoncé qu’un cartable avec les documents de toutes les décisions prises lors des séances du conseil serait rendu disponible au bureau d’arrondissement le surlendemain des rencontres.
Gare de triage
Claude Reny s’est présenté à titre de membre du Comité Citoyens-Gare de triage et a demandé à la mairesse si elle s’engageait à exprimer et à défendre les revendications suivantes auprès du Comité de concertation des maires sur le dossier de la gare de triage, soit: revenir aux grandes recommandations de l’OCPM qui proposait un plan d’aménagement modifié pour un projet à l’échelle humaine respectueux des quartiers voisins, une densité de population réduite, des hauteurs maximums de six étages résidentiels sur le terrain de la gare et de trois aux abords du quartier résidentiel existant, un plan viable pour la circulation automobile, un campus vert avec une réduction radicale du stationnement prévu, la préservation des espaces récréatifs existants et la création d’un grand parc dans le quartier nord d’Outremont, une concertation avec les résidants sur la vocation future possible du terrain du Service des travaux publics, un budget réaliste et transparent, et enfin un changement de zonage graduel et progressif.
M. Reny a conclu en parlant de la nécessité que les citoyens obtiennent l’accès aux cinq études supplémentaires demandées par le Comité de concertation des maires d’arrondissement, tout en ayant un mécanisme formel de participation des citoyens.

Mme Cinq-Mars a répondu qu’elle s’engageait à mettre sur pied le comité de citoyens pour prôner la concertation et l’information. «Il y a eu une consultation publique et on a recommandé de faire des études. Je ne peux toutefois pas commenter ces études avant le comité exécutif et ainsi court-circuiter les procédures», a-t-elle conclu.
Déchets et recyclage
Manon Boivin, de l’avenue Querbes était ravie de voir que le règlement concernant l’enlèvement et la disposition des déchets a été changé. Elle a précisée deux fois plutôt qu’une l’importance d’ajouter au règlement «Il est défendu de lancer des contenants», les mots «et des ordures». Ce qui a été fait. Rappelons que Mme Boivin demande depuis des mois au conseil d’agir dans le dossier des résidants qui lancent leurs déchets des toits et balcons.
Mme Boivin a demandé si ce règlement allait être publicisé et expliqué de quelque façon que ce soit. «Peut-être nous pourrions le faire lors de la corvée de nettoyage», s’est avancé la mairesse, sans toutefois préciser de plan d’action.

L’autre cheval de bataille de la résidante de l’avenue Querbes est le problème des constructions de sous-sols qui durent depuis plusieurs étés et qui font un boucan d’enfer. «Présentement, il n’y a pas de permis d’émis, mais peut-être plus tard, il y aura de la finition», a admis Pierre A. Chapuis, directeur du Service de l'aménagement urbain et patrimoine.

«On construit des gratte-ciels en un été!», a rétorqué la résidante en s’asseyant.

Claude Gladu, de l’avenue Van Horne, a notamment demandé quand l’arrondissement comptait offrir des grands conteneurs à déchets sur roulettes pour éviter que les animaux n’éventrent les sacs la nuit. «Nous avons un projet-pilote qui devrait avoir lieu dans la montagne, a répondu Mme Nunes, du comité consultatif sur l’environnement et le développement durable. La typologie de l’arrondissement fait qu’à certains endroits, nous ne pouvons avoir des poubelles sur roues partout, mais à la suite de ce projet-là, on verra.»

Christine Hernandez, candidate défaite de Vision Montréal aux dernières élections partielles, a formulé des vœux pour le Jour de la Terre, puisque que bien qu’Outremont puisse se targuer d’avoir une bonne note dans le recyclage —«le meilleur parmi les pires—», le bulletin n’est pas aussi reluisant dans d’autres secteurs. Faisant état des chiffres issus du Portrait 2006 des matières résiduelles qui évoquent des scores moins heureux en termes de collecte des matières organiques, des résidus domestiques dangereux (RDD) et des matériaux secs et encombrants, Mme Hernandez a aussi demandé «s’il était possible d’implanter un Éco-centre sur le site de la gare de triage.»

«Oui, nous avons des lacunes, j’en suis parfaitement consciente.[…] Il y a un Éco-centre à Côte-des-Neiges et j’essaie de trouver une façon de le publiciser. Je ne pense pas qu’avec la situation financière présentement à la Ville de Montréal on puisse créer un autre Éco-centre, surtout qu’il y en a un situé à environ 1km d’Outremont», a répondu la mairesse.
Comités consultatifs et enquêtes
Pierre Lacerte, de la rue Hutchison, a demandé à Mme Cinq-Mars s’il était possible de fournir un document avec les montants dépensés lors du voyage des membres du comité sur les relations intercommunautaires à New York.
La mairesse a acquiescé à la demande de M. Lacerte, ajoutant qu’elle ne pensait pas que ce voyage ait été fait avec de mauvaises intentions. Le résidant a allégué que lors de ce voyage, des gens auraient bénéficié de cadeaux et d’hôtels gratuits, cadeaux qui feraient qu’ensuite, le comité soit «redevable».

Louis Moffatt, président du comité sur les relations intercommunautaires a dit que le comité n’avait rien à cacher et que cette demande de M. Lacerte allait tout de même être soumise.

Lors de son intervention, M. Lacerte est aussi revenu sur le fait que le Jewish Orthodox Council Comitee (JOCC) était un lobby, présentant au conseil un document provenant du registraire des entreprises.

La résidante Annie Chélin a tenu à savoir où en était l’enquête de la Sureté du Québec (SQ) dans les affaires outremontaises. «Nous avons eu deux téléphones d’enquêteurs de la SQ et à ce jour c’est tout ce qu’on a eu», a répondu le directeur par intérim de l’arrondissement, Pierre Winner.

«Et où en est l’analyse de la réclamation de 2,8 millions$ de la firme Dessau-Soprin?,» de conclure Mme Chélin. «Nous avons eu des discussions avec le contentieux qui devrait finir son enquête à la fin avril. Je lui ai demandé de venir nous rencontrer et de nous faire un portrait de la situation quand ce sera fait», a dit M. Winner, arguant qu’à la prochaine séance du conseil, il aurait sûrement plus d’information à donner à Mme Chélin.
Dossiers chauds
Le projet de construction d’un gymnase au sous-sol de l’école Buissonnière, qui a été mis de l’avant lors de la séance du conseil est contesté par un groupe de résidants demeurant aux abords de l’école, et qui ont été mis devant le fait accompli.
Le groupe, représenté lundi par le résidant Cesar Heredia, s’est dit inquiet des répercussions du dynamitage et de la construction souterraine dans un lieu aussi humide. La mairesse a proposé d’organiser une séance d’information pour expliquer le projet aux voisins de l’école Buissonnière, mais ces derniers se disent fâchés de ce manque de transparence.

Annie Chélin a aussi amené sur la table la question des comités consultatifs siégeant à huis clos. Citant en exemple nombre d’arrondissements siégeant en public et offrant des documents et procès-verbaux complets, elle a demandé pourquoi Outremont persistait à tenir des comités fermés. Mme Cinq-Mars a dit qu’elle continuait son étude sur la façon de faire d’autres arrondissements et qu’elle fonderait éventuellement sa décision là-dessus. «Vous devez dire oui ou non à Mme Chélin et vivre avec votre réponse», a dit plus tard le résidant Pierre Joncas, ajoutant qu’il ne se présenterait plus au micro parce qu’il jugeait que les réponses fournies par les élus étaient escamotées.

L’Express d’Outremont reviendra sur ces deux dossiers la semaine prochaine.

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