La mise au jeu officielle du Tournoi de hockey MRO au profit du Centre Philou s’est déroulée le 12 avril à l’aréna d’Outremont avant la partie opposant des joueurs provenant d’Italie à ceux d’Outremont et de Ville de Mont-Royal.
(Photo: Patrick Hally)
Des complices unis pour les enfants
Petit événement deviendra grand. Le quatrième tournoi de l’association de hockey mineur de Ville de Mont-Royal/Outremont (MRO) au profit du Centre Philou qui s’est déroulé du 10 au 13 avril a permis d’amasser 10 000$.
«Entre le Centre Philou et le hockey MRO, c’est une belle histoire d’amour. Il y a une belle complicité. C’est une belle image de ce que l’on peut faire. Les hockeyeurs ont du plaisir à jouer entre amis et avec les autres citoyens tout en aidant les enfants», mentionne Diane Chênevert, fondatrice du Centre Philou.
Havre de répit pour les parents, le Centre Philou accueille les enfants handicapés physiquement âgés de 0 à 5 ans pour des séjours allant d’une journée à trois semaines. «Prendre soin d’un enfant lourdement handicapé c’est 24 heures par jour. Les parents deviennent épuisés rapidement et ils ont besoin de prendre du temps pour eux et pour s’occuper de leurs autres enfants», signale-t-elle.
Lancée par un voisin de Mme Chênevert, l’idée a rapidement fait son chemin. «Le tournoi est plus organisé depuis trois ans. La première année c’est 400$ qui avait été amassé 400$ alors que cette année c’est 10 000$.»
Daniel Mireault, directeur du tournoi de Hockey MRO au profit du Centre Philou, souhaite faire grandir l’événement, notamment en encourageant la participation d’équipes corporatives. Le temps de glace était offert par l’arrondissement d’Outremont et la Ville de Mont-Royal. «C’est bien parce que le hockey MRO voulait démontrer que les hockeyeurs sont chanceux de jouer au hockey et qu’il y a des enfants qui n’ont pas la chance de faire cela. Avec le tournoi on transmet aux enfants un peu de notre énergie», souffle Mme Chênevert.
Un temps de répit
«Souvent, les gens de notre entourage doivent s’occuper de leurs propres enfants ou ils ont peur de s’occuper d’eux parce qu’ils représentent des cas lourds. Et ces enfants passent beaucoup de temps à l’hôpital, cela aussi c’est très fatigant », indique la maman de Camille et de Philippe, dit Philou, qui est atteint de paralysie cérébrale sévère. «Au niveau moteur, il est comme un enfant de 5 à 6 mois. Avec un enfant lourdement handicapé, tu deviens automatiquement un aidant naturel», relate celle qui a notamment été responsable des communications chez BCE.
Le Centre Philou a pour le moment une capacité d’accueil de neuf enfants. Mais un espace réservé aux 6 à 12 ans sera inauguré en septembre. Le Centre Philou sera alors en mesure d’offrir un répit aux parents d’une dizaine d’enfants.
Confrontée aux manques de ressources disponibles, Mme Chênevert a fondé le Centre Philou en 2002. «Je n’avais pas d’aide et je suis vite devenue épuisée. J’ai utilisé toutes les ressources que j’avais pour partir cette œuvre de charité.»
Le Centre constitue un lieu de répit tant pour les enfants que pour leur famille. «Près de 85% des couples divorcent deux ans après la naissance de l’enfant. Il y a des couples qui ne seraient plus ensemble depuis longtemps s’il n’y avait pas de répit pour eux. Et ce répit permet aussi de répondre aux besoins des autres enfants de la famille.»
Des étudiants de l’Université de Montréal dans différents domaines de la santé, tels que la physiothérapie, l’ergothérapie, les soins infirmiers et l’éducation spécialisée oeuvrent au Centre Philou. «Nous avons aussi une psychoéducatrice qui s’occupe des parents. Elle les soutient dans leurs démarches et à apprivoiser le fait de vivre avec un enfant handicapé. Elle s’occupe aussi des frères et de soeurs», raconte la fondatrice du Centre qui accueille des enfants provenant des quatre coins du Québec. L’an dernier, 1 800 répits ont été offerts à 70 familles.
Un souper spectacle mettant en vedette Nanette Workman au profit du Centre Philou se déroulera au Medley le 22 mai. Info: 514 739-4861
(Photo: Patrick Hally)