Les différentes déclinaisons de l’insupportable
La seconde mouture du Cabaret insupportable, un spectacle portant sur les petites et grandes choses qui tapent sur les nerfs, envahit le Lion d’Or jusqu’au 27 mai. Un spectacle casse-pied pour le plus grand plaisir des spectateurs!
«On n’essaie pas seulement de nommer ce qui est insupportable, on essaie de l’être aussi! Mais toujours dans un esprit ludique», mentionne Michel Monty, qui assure la direction artistique du cabaret en compagnie de Brigitte Poupart.
L’an dernier, la première édition du Cabaret insupportable marquait les 16 années d’existence de la compagnie Transthéâtre. «La demande a été très forte l’an passé et on a décidé de reprendre le cabaret cette année avec 12 représentations. Il y a un noyau dur de numéros qui sont les mêmes que l’année dernière. Ce sont les "best of" de l’an dernier! Et on a ajouté de nouveaux numéros.»
Le cabaret propose cependant une nouvelle approche cette année en explorant le monde du "show-business". «Cette année, la thématique de Transthéâtre c’est d’investir tous les champs de la création. De la radio, au cinéma en passant par la télévision.»
Les différentes intensités de l’insupportable
«L’insupportable peut aussi être dans la performance. Il faut créer des degrés d’insupportabilité afin de voir où sont les limites des spectateurs. C’est une espèce de catharsis collective. Cela va du petit quelque chose qui nous énerve, nous agace, aux enjeux sociaux qui nous "insupportent"», précise le codirecteur artistique en indiquant qu’une large place est laissée à l’autodérision.
Transthéâtre invite les spectateurs à entrer dans leur univers dès le seuil du Lion d’Or franchi. «Il y a toute une mise en situation créée dans le Lion d’Or. Le spectateur est tout de suite interpellé et il est sollicité de toutes parts. Évidemment, on cherche aussi à avoir un bon "show". C’est un spectacle foisonnant et qui est fait dans un esprit de liberté.»
La soirée sera animée une fois de plus par Stéphane Crête et la représentation a été écourtée. De quatre heures pour la première mouture, elle est maintenant de trois heures.
Comment se déroule le processus de création pour un tel spectacle? «Chaque cellule est autonome. On ne répète pas. On se parle, on se concerte, on lit nos textes», explique Michel Monty. Toute la ribambelle de collaborateurs s’est donc réunie pour la première fois l’après-midi de la première qui avait lieu le 14 avril.
Le Cabaret insupportable représente aussi un espace de rencontre entre des comédiens bien établis et d’autres frais émoulus des écoles de théâtre. «C’est un lieu de convergence. Transthéâtre tente de plus en plus d’explorer différentes formes. Mais à la base on a le désir de faire un théâtre politique, dans le sens large, pas dans le sens partisan.»
Qu’est-ce qui est insupportable pour le directeur artistique? «Moi-même! La publicité omniprésente même à la campagne, la pollution visuelle, la prédominance de l’image au détriment de l’idée, la société spectacle, le culte de la personnalité. On est bombardé d’infos et on dirait que tout est insupportable, ce que l’on mange, ce que l’on respire. On est culpabilisé par tous nos comportements. On n’a le droit de ne rien manger, les vêtements que l’on porte sont faits par des enfants payés 3$ de l’heure. Et en même temps j’ai une belle vie! Au bout du compte, le spectacle s’appelle Cabaret insupportable, mais c’est supposé faire du bien!»
Cabaret insupportable
21, 28 et 29 avril
5, 6, 13, 19, 20, 26 et 27 mai
Lion d’Or (1676, rue Ontario Est)
(Photo: Éric Carrière)