(Photo: Éric Carrière)
Équiterre s'attaque aux pesticides
Avec les beaux jours, on assiste au retour des premiers bourgeons et brins d’herbe. Équiterre profitait du printemps pour lancer, fin mars, une première Semaine sans pesticide à l'échelle du Québec. Le but? Informer les citoyens sur les risques liés à l'utilisation des pesticides et proposer des alternatives plus saines. Car même si le Québec, Montréal en l’occurrence, a fait des efforts en ce sens, l'utilisation des fongicides, insecticides et herbicide chimiques ne décroît malheureusement pas au Canada. C'est pourquoi Équiterre et la Fondation David Suzuki militent notamment pour que les autres provinces se dotent d’une réglementation semblable à celle du Québec.
Manque d’info
Le Québec a mis en place un Code de gestion des pesticides en 2000. L'utilisation de ces produits avait déjà commencé à enregistrer une baisse depuis les années 1990. En 2004, Montréal allait encore plus loin en adoptant un Règlement qui interdit l'utilisation des pesticides. Le hic est qu'il demeure facile de se procurer ces produits en Ontario ou chez nos voisins du Sud, par exemple.
On doit donc faire plus sur le plan de la sensibilisation, juge Équiterre, car près de la moitié des jardiniers ne sont pas inquiets lorsqu'ils font usage de produits chimiques. «Une faible proportion des Québécois accorde de l’importance à l’environnement lorsqu’ils achètent des produits destinés au jardinage, explique Lova Ramanitrarivo, chargée du projet horticulture écologique chez Équiterre. Malgré les efforts de sensibilisation et l’ouverture des Québécois à poser des gestes pour respecter l’environnement, les gens nous disent que l’information sur les solutions alternatives est insuffisante», constate-t-elle.
Risques importants pour la santé
Pourtant, ces produits sont nocifs, particulièrement pour les femmes enceintes. Équiterre cite une expérience conduite par une équipe danoise qui démontre que l’utilisation de pesticides pendant la grossesse, malgré des précautions d’emploi, peut nuire au développement des fonctions reproductrices chez le futur garçon. La revue Environmental Health Perspective du mois de décembre 2007 révèle les résultats d’une étude française qui avançait que les pesticides multiplieraient par deux le risque de leucémie ou de lymphome chez l’enfant. On a aussi démontré qu’il y aurait un lien potentiel entre l’exposition aux pesticides des femmes enceintes et l’autisme chez l’enfant.
Pour une pelouse plus écolo
Couper la pelouse entre 7 et 8 cm
Ensemencer des espèces moins exigeantes en engrais et en eau (fétuques, trèfle)
Utiliser des engrais 100% naturels et non pas à «base organique»
N'utiliser aucun pesticide
Choisir des plantes en fonction de l'ensoleillement et du drainage, par exemple
Source:Pelouses écologiques d'Édith Smeesters