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François Bissonnette Remax
L'Express d'Outremont / Mont-Royal
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La fatale étatsunisation des Canadians?

Article mis en ligne le 4 mai 2008 à 9:48
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La fatale étatsunisation des Canadians?
Les "Canadians", à l’image de leurs puissants jumeaux, les Étatsuniens, sont imperméables à tout ce qui n’est pas anglo-saxon. À Radio-Canada "in english", le brillant poète populaire, chansonneur de son métier, Claude Dubois, va rester un inconnu. Mais oui, à Toronto, on l’ignore. Cela illustre tout à fait que cette contrée contient deux nations. Stephen Harper l’a admis. Deux cultures bien différentes. Voilà soudain des niais, comme Denis Coderre, qui grimpent sur des chevaux ridicules pour traiter les gens de la CBC-Radio-Canada de «racistes». C’est faux et c’est vrai.

On peut considérer comme une forme de «racisme» cette ignorance totale des voisins qui sont d’une autre langue. Comme on peut qualifier de «colonisé » tout ce monde (à Toronto comme à Montréal) à genoux sans cesse devant seulement les artistes des "USA". Il y a une sorte de racisme évident quand on voit que les "USA" ou les "english-Canada" sont extrêmement chauvins. Ne sont guère intéressés (à moins de grands succès connus) aux autres.

On verra toujours les Amerloques se fabriquer leur version d’un machin qui connaît la célébrité, en France ou ailleurs. Le produit original? Non. Ces gens n’arrivent pas à apprécier la vision de l’autre. Alors oui, on a le droit de parler d’une sorte d’impérialisme qui déteint en Ontario (même culture au fond). Dans le cas de Claude Dubois «gommé» lors de la rediffusion à la télé ontarienne d’un gala, il faut donner raison aux patrons de là-bas.

Notre super doué Dubois? Inconnu total au bataillon. Enrageant? Non. Pourquoi? Les Québécois sont de glace, eux aussi, face à tant de bons artistes de l’Ontario. Si le talent ontarien file à New York ou à Los Angeles-Hollywood, là, oui, bien de nos demi-assimilés vont le saluer et le chapeau bien bas! C’est cela la réalité.

Longtemps, il fallait la consécration à Paris-France avant que nos gens applaudissent un des nôtres, le cas de Félix Leclerc en 1950 est bien connu et bien humiliant. Les temps ont changé. Nous avons désormais nos forts talents et ils ont ici, au Québec, leur public fort et certains triomphent en France. Céline, elle, dans le monde pop tout entier. Vastes audiences.

Québec et Canada: deux pays. Deux pays, deux publics. Non pas deux solitudes pauvre coco de Coderre. Deux cultures. Ce qui est normal, évident et acceptable. Le directeur de CBC, accusé à tort de discrimination, a bien raison: «Nos gens vont zapper s’ils voient un inconnu». Bravo. Bien dit. On ferait de même.

Ne nous pétons pas trop vite les bretelles: si la France —et ses 60 millions d’habitants— se situait juste à nos frontières, nous serions sous leur emprise, colonisés, suiveurs, admiratifs béats, complètement dominés et enterrés. Et le brillant chansonneur–poète, Claude Dubois, serait très souvent absent au Québec. Il serait la supervedette du puissant voisin la France, en tournées triomphales à travers les provinces françaises. On est bien d’accord? Plaignons donc nos voisins ontariens —ou les "Canadians de la British Columbia".

On a de la chance d’être isolé des "USA", malgré les serviteurs soumis d’ici en médias, culturellement car ce gros moyen pays nommé France est situé au-delà d’un océan. Ça aide pas mal. Les Ontariens le savent bien et nous envient là-dessus sans doute. Avec la mondialisation, Internet, les voyages rendus faciles, cette distance se rapetisse. Déjà on en voit les effets: des nôtres sont bien plus rapidement reconnus là-bas. Et des artistes de France gagnent bien plus souvent et plus rapidement l’affection du public québécois. Or, le talent, c’est une fatalité, sort du nombre, en France, j’y reviens, ils sont 60 millions. Alors? Devinez qui gagnera, qu triomphera, en fin de parcours? Hum…

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