Une galerie d’art à ciel ouvert
Réalisant des murales dans différents quartiers montréalais, l’entreprise outremontaise MU a obtenu une subvention de 35 000$ provenant du Centre local de développement (CLD) Les 3 Monts. Un montant qui permettra à l’entreprise d’économie sociale d’ajouter de la couleur à la grisaille urbaine.
«Je crois qu’aujourd’hui il y a une sensibilité accrue à l’environnement et à la beauté qui nous entoure. MU utilise une œuvre d’art pour changer le monde à petite échelle», mentionne Emmanuelle Hébert.
Créée en 2006 dans l’optique de soutenir l’art public, MU participe à la revitalisation urbaine. Les deux cofondatrices, Emmanuelle Hébert et Elizabeth-Ann Doyle, ont grandi à Outremont et se sont connues alors qu’elles travaillaient pour le Cirque du Soleil aux États-Unis. «C’est à Philadelphie avec le Cirque du Soleil qu’on s’est rendu compte de l’importance de la peinture murale pour cette ville. […] Après une conférence de Phyllis Lambert, Elizabeth-Ann lui a demandé s’il existait ce type d’entreprise à Montréal. Elle a répondu non et lui a dit: "Faites-le".»
Revitalisation urbaine
«Notre mission est double, nous visons la démocratisation de l’art et le développement social. Nous souhaitons faire de Montréal une galerie d’art, une véritable métropole culturelle et nous voulons diffuser des projets artistiques diversifiés. Pour favoriser le développement social, nous souhaitons la rencontre entre les artistes et les résidants et l’implication de la communauté locale dans nos projets de murale», signale-t-elle.
Chaque murale est unique et sa thématique est élaborée par l’artiste et les différents partenaires et intervenants du projet. «Les murales sont ancrées dans la collectivité. On croit qu’en impliquant le milieu, les gens vont s’approprier le projet et se réapproprier le territoire où est peinte la murale. Elle devient une source de fierté et les résidants font plus attention.»
Une murale sur Van Horne?
«L’un des souhaits que l’on a c’est de faire un projet de murale sur l’avenue Van Horne. On veut que la murale s’inscrive dans la collectivité. Elle doit faire partie de quelque chose, d’une dynamique. On aimerait qu’elle donne une espèce d’élan coloré à l’avenue», souffle Mme Hébert.
En octroyant la subvention de 35 000$, le CLD Les 3 Monts a indiqué aux promotrices de MU qu’il souhaitait que deux murales soient peintes sur le territoire qu’il dessert, soit Ville de Mont-Royal, Outremont et Westmount. «Notre seule demande est que MU réalise deux projets de murale dans les deux prochaines années. À condition qu’elle puisse s’entendre avec les Villes et l’arrondissement», explique Guy Bazinet, directeur général du CLD Les 3 Monts.
L’envol d’une entreprise
«La première année a été difficile. On a fait avec les moyens du bord et rencontré différents défis qui nous ont permis de voir ce qu’il fallait faire pour mettre notre entreprise sur des assises solides et pour assurer sa pérennité. La subvention va nous permettre de mieux fonctionner, d’acheter des ordinateurs et une camionnette pour se déplacer de chantier en chantier. Nous aurons plus de temps pour aller chercher d’autres contrats.»
Si MU entend réaliser cinq projets en 2008, notamment dans Villeray, Mercier-Est, et Notre-Dame-de-Grâce, elle en huit dans ses cartons pour 2009. «Notre objectif est de réaliser dix murales par année.»
L’entreprise désire mettre sur pied un programme de formation pour les muralistes puisque cette forme d’art n’est pas enseignée dans les écoles. Les murales constituent aussi une formidable vitrine pour les artistes. «On souhaite soutenir les artistes en arts visuels. La murale réalisée par Yannick Picard dans Saint-Michel, on la voit de l’autoroute Métropolitaine. C’est une visibilité extraordinaire.»
Cette année, le logotype de MU a gagné un Prix Grafika et l’entreprise est lauréate dans la catégorie économie sociale de la division Montréal-Centre du Concours québécois en entrepreneuriat. Les gagnants de la finale métropolitaine de ce concours seront annoncés le 6 mai.