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François Bissonnette Remax
L'Express d'Outremont / Mont-Royal
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Pour l’humour des mots

Geneviève Allard par Geneviève Allard
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Article mis en ligne le 7 mai 2008 à 17:03
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Pour l’humour des mots
L’écrivain Daniel Pennac a proposé une causerie autour de l’éducation, des enfants… et de la cancrerie. Une soirée toute en humour et en réflexion. Photo: Éric Carrière)
Pour l’humour des mots
Après Métropolis Bleu et Tout le monde en parle, le Théâtre Outremont. Dans le cadre des célébrations du 10e anniversaire de la bibliothèque Robert-Bourassa et en collaboration avec la Fondation Françoise Marton Marceau, un organisme à but not lucratif qui vise à promouvoir une approche humaniste et ouverte de l’éducation, et les Éditions Gallimard, une salle remplie à pleine capacité a accueilli l’écrivain, professeur et…cancre Daniel Pennac, ou Pennacchioni de son vrai nom.
Autour de l’auteur, Pierre Chénier, coordonnateur du réseau des écoles alternatives du Québec, Marie-Andrée Chouinard, du quotidien Le Devoir, Sarah Lefrançois, enseignante à l’école alternative Tourterelle à Brossard, Françoise Marton Marceau, retraitée de l’enseignement, impliquée depuis plus de 35 ans dans l’éducation et… ex-pensionnaire avec l’auteur. Durant près de deux heures, dont une demi-heure gracieuseté de M. Pennac lui-même, s’est articulée une causerie autour de l’éducation, des enfants, de la cancrerie. Une soirée toute en humour et en réflexion.

Celui que M. Chénier a qualifié «d’incarnation de l’amour fou du français qui rédige avec son stylo à cancre» a ravi la foule, parmi lesquels se cachaient quelques ex-cancres. Daniel Pennac, en véritable orateur, a répondu aux questions des trois femmes avec un humour et une finesse qui n’est pas sans rappeler Fabrice Luchini.

Pour l’auteur de la série Malaussène, la seule réponse à la cancrerie est la présence réelle des parents et des proches et non de laisser l’adolescent seul dans sa chambre avec ses jeux vidéos, ce qui est «pire que de l’abandon caractérisé.»

De son langage coloré, Daniel Pennac a évoqué la lourdeur de la grammaire «médico-légale», alors qu’il est possible d’apprendre la grammaire à partir de phrases comme «Je m’en fous» et «je n’y comprends rien», phrases communes au lexique du cancre.

«Est-ce qu’un enseignant est suffisant pour sauver un enfant de sa cancrerie ?» a demandé l’une des intervenantes à celui qui a été un cancre durant la plupart de son cheminement scolaire. «C’est la magie de l’école, de répondre le lauréat du prix Renaudot 2007, pour son Chagrin d’école qui ne figurait même pas dans les sélections ! Essayez d’imaginer à quel point un enfant peut se sentir néantisé par le regard dépréciateur du prof et l’inquiétude de ses parents où dès le premier jour il est catalogué. Le jour où il y a un adulte qui le prend en considération, cet adulte-là, il ne l’oubliera jamais.»

L’écrivain a d’ailleurs en mémoire vive quatre enseignants qu’il a décrits avec tendresse et franche rigolade au public qui avait fait la queue dès 18h30 pour entrer l’écouter. «Ce sont des profs qui m’ont vraiment sauvés.»

Il a aussi fourni des trucs aux profs pour donner le goût de la lecture, à l’image de ce qu’il a brillamment fait dans Comme un roman, en plus de parler de ses soucis s’il devenait lui-même directeur d’école. «J’en ferais des intellectuels et des manuels», a-t-il dit sous les applaudissements.

Après une passage remarqué au Québec, Daniel Pennac retournera vraisemblablement écrire, lui qui a plusieurs sujets de romans qui sont comme dans un pommier et murissement, ou pas ! «J’ai aussi une première phrase qui cherche son roman: "Le cheval n’avait pas de nom et l’histoire ne retint pas celui du cavalier"»…Ce sera vraisemblablement un autre effort littéraire à l’image de l’auteur, rigolo et combien réfléchi.

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