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Les gens d’affaires se concertent mais demeurent prudents

Revitalisation de l’avenue Van Horne

par Audrey Bourget
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Article mis en ligne le 9 mai 2008 à 12:32
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Les gens d’affaires se concertent mais demeurent prudents
Les gens d’affaires se concertent mais demeurent prudents
Revitalisation de l’avenue Van Horne
La deuxième rencontre des gens d’affaires visant à

revitaliser l’avenue Van Horne s’est ouverte sur une surprise: la mairesse d’Outremont Marie Cinq-Mars a annoncé que la Ville de Montréal ferait la réfection de l’avenue cet été.
Mme Cinq-Mars a assuré que tout serait mis en œuvre pour créer le moins d’inconvénients possible et que les gens d’affaires seront convoqués à rencontrer les ingénieurs de la Ville pour en savoir plus. Les 35 commerçants présents n’ont pas semblé rassurés du tout et leur inquiétude face à cette nouvelle a teinté le reste de la rencontre.

À eux s’ajoutaient le président du CLD Les 3 Monts, Guy Bazinet, les conseillers d’arrondissements Marie Potvin et Louis Moffatt, Chantal Séguin du service d’aménagement urbain et du patrimoine, ainsi que Marie-Sophie Couture et Josée Asselin de Convercité, un organisme à but non lucratif ayant pour mandat d’aller chercher le programme de subventions à la rénovation de bâtiments commerciaux (PRAM).

Convercité, intervenant dans des projets destinés au développement et à l'amélioration du milieu urbain, a proposé un portrait de l’avenue Van Horne et ses usagers. Il en est ressorti que les usagers de l’avenue Van Horne, entre Rockland et Hutchison (la partie visée par le projet), sont satisfaits des aspects sécurité et accessibilité, moyennement satisfaits de la propreté et de la circulation, mais insatisfaits de l’animation sur l’avenue. L’artère est peu conviviale pour les piétons en raison de l’importante circulation, du manque de bancs, de supports à vélos et d’arbres, de l’affichage commercial déficient et du manque d’entretien. Le but sera donc d’offrir un meilleur environnement pour les usagers en améliorant l’aspect esthétique et la continuité. Avec 141 établissements d’affaires sur le tronçon d’avenue, l’équivalent d’un centre commercial, Mme Couture assure que le potentiel est là.

Mme Asselin a soulevé la controverse en questionnant les gens d’affaires sur la possibilité, à long terme, de favoriser l’activité commerciale qu’entre les avenues Rockland et De l’Épée ou Querbes, plutôt que jusqu’à Hutchison, pour qu’elle soit moins étiolée. Nathalie McHough de la Boucherie France-Canada a fait part de son désaccord puisque son commerce se situe sur ce tronçon. Une autre commerçante a précisé qu’on y trouvait entre autres l’animalerie, la boucherie, Tonnerre de Brest et l’Hacienda. «On se sent exclus! Vous présentez ça de façon décourageante», a-t-elle affirmé. Les gens d’affaires de ce tronçon plus à l’est de Van Horne ont reconnu le défi supplémentaire causé par le manque d’entretien et de l’activité commerciale disparate, mais ils se sont dits prêts à se relever les manches et ne veulent pas qu’on les abandonne.

L’exaspération face à ce qui s’annonce comme une longue procédure de consultation se faisait sentir. «Il faut attendre jusqu’à quand !?» s’est exclamé Eliola Xhani de O’Divine coiffure. Elle s’est dite prête à trouver des solutions, mais il faut que les choses avancent et qu’elle puisse aussi garder sa propre identité. Mme Couture a noté que les gens voulaient que les procédures soient accélérées et a précisé que les critères de revitalisation seront décidés collectivement. Continuité donc, mais pas uniformité.

«Je manque de mots pour vous décrire la détresse, la tristesse quand on passe sur l’avenue Van Horne», a clamé Michel Sokolov du Serpolet, une boutique d’aliments naturels et biologiques. Il a souligné, sous les applaudissements des autres gens d’affaires, que le montant que reçoit l’avenue Van Horne pour ce qui est de la décoration et l’animation était tout à fait injuste comparé à ceux des avenues Bernard ou Laurier, pourtant dans le même arrondissement. Il s’est aussi inquiété de la réfection de Van Horne en plein milieu de l’été.

Un restaurateur a expliqué qu’il pouvait oublier sa terrasse si l’avenue était en réparation. Une autre a même dit qu’elle serait aussi bien de mettre la clé dans la porte tout de suite. Le mécontentement venait principalement du fait qu’on ne comprenait pas pourquoi la mairesse n’apprenait que maintenant une réfection qui s’annonce pour très bientôt. «Ça fait dix jours qu’on voit des gens faire des traits partout sur les trottoirs, la mairesse ne l’apprend qu’aujourd’hui?» a fustigé un commerçant.

Malgré quelques craintes et réticences, Mme Couture a fait remarquer que le nombre de gens d’affaires désirant se pencher sur la revitalisation de l’avenue Van Horne était remarquable. Les dossiers de candidature devant être déposés à la fin mai, la prochaine rencontre aura lieu le 12 mai. On y abordera des sujets pour le plan d’action tel que l’aménagement, l’animation, le contexte sensible et le plan promotionnel.

La subvention du PRAM peut couvrir jusqu’à un tiers du coût des rénovations pour un maximum de 33 000$.

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