Huis clos un jour, huis clos toujours pour Marie Cinq-Mars
En réponse à une question qui lui a été posée lors de la dernière séance publique du conseil d’arrondissement, Mme Cinq-Mars a annoncé sa décision de reconduire le huis clos dans les comités consultatifs d’Outremont, mis à part quelques hypothétiques réunions politiquement correctes ouvertes au public.
Cette position est surprenante. Pourquoi? Mme Cinq-Mars a appuyé sa décision en énumérant une liste d’arrondissements de Montréal où les comités consultatifs siègent à huis clos, omettant au passage le comité consultatif de Saint-Laurent qui délibère en … public. Les arguments sur le fond, sur la transparence démocratique, ont été inexistants. Le vide abyssal.
Aucun obstacle objectif n’empêche Mme Cinq-Mars d’ouvrir les comités consultatifs au public. Elle a le pouvoir discrétionnaire de le faire. Outremont aurait pu montrer l’exemple aux côtés de Saint-Laurent, de Pierrefonds-Roxboro et de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce. Mme Cinq-Mars avait aussi une excellente occasion de faire la promotion de la participation citoyenne au sein des instances consultatives dans les arrondissements de Montréal auprès de son parti Union Montréal. Délaissant tout leadership en la matière, Mme Cinq-Mars a préféré reconduire le huis clos. Elle a choisi de reproduire le culte du secret dans la triste continuité de l’administration Harbour qu’elle a cautionnée pendant si longtemps.
Le huis clos des comités a engendré son lot d’aberrations. Rappelons la saga du Centre communautaire intergénérationnel dont le chantier a été mis en route sans passer préalablement devant le comité consultatif d’urbanisme conformément à la loi; le rapport de circulation Traffix que Mme Cinq-Mars a omis de déposer à la commission consultative sur la sécurité et le stationnement chargée de se prononcer sur la demande de mise à sens unique de la rue Hutchison endossée par une pétition de plus de 500 résidants; la controverse sur les conditions rocambolesques du voyage à New York concocté dans le giron de la commission interculturelle; les remous entourant la construction d’un édifice à condos sur Rockland. Rappelons l’article 15 des Règles de régie interne des comités qui retire la propriété intellectuelle à tout membre qui a une bonne idée. Rappelons aussi la censure politicienne et l’éviction partisane de certains membres.
Ainsi donc, à Outremont, sous la gouverne de Mme Cinq-Mars, quelques citoyens continueront d’avoir le privilège de bénéficier d’informations préférentielles d’intérêt public, de donner leurs opinions, d’influencer le processus décisionnel municipal, le tout derrière des portes closes. Les comités consultatifs des administrations Harbour-Cinq-Mars: des clubs privés, des salons de lobbyistes.
Annie Chélin, résidante d’Outremont