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Les natures mortes de Suzanne Desbiens

par Julie Charette
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Article mis en ligne le 17 mai 2008 à 11:11
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Les natures mortes de Suzanne Desbiens
Baigneuse et goéland, une œuvre de Suzanne Desbiens. (Photo: Robert Packwood)
Les natures mortes de Suzanne Desbiens
Des scènes de vacances au bord d’un bouillonnant océan les deux pieds enfouis dans un sable de couleur ocre. Et pourtant, ça et là des immondices et des mégots. Le troublant rappel d’une pollution de plus en plus présente. Regard sur l’exposition Natures mortes de l’Outremontaise Suzanne Desbiens présentée à la Galerie Georges Laoun.
«Aujourd’hui, on trouve de petits déchets partout. Ce n’est pas que je voulais parler de l’environnement dans mon exposition, mais ce thème s’est imposé malgré moi. Les déchets font partie du décor. Par exemple, quand la neige a fondu il y a quelques semaines, il y avait des mégots partout. On produit beaucoup de déchets et ils se retrouvent partout», explique Suzanne Desbiens.

L’artiste en arts visuels expose 49 dessins et peintures ayant une filiation avec la mer. «L’océan, c’est l’image idéale de la nature. C’est beau, mais on ne sait pas ce qu’il cache. C’est une image de rêve, mais qui contient en lui tant de déchets», mentionne celle qui est originaire du Saguenay.

L’air salin de la côte est américaine imprègne les toiles de la série Natures mortes. «J’observe et j’observe et je dessine tout le temps dans mes carnets. J’ai toujours avec moi mes carnets, c’est une belle manie.» Dénuées de pointes moralisatrices, les œuvres de Mme Desbiens laissent place à la contemplation et à une impression éparse de solitude. «Il y a comme une tristesse chez les personnages. Ce n’est pas dit, mais quelque part c’est un peu notre disparition annoncée. C’est juste suggéré, les gens peuvent y voir ce qu’ils veulent!»

Parmi les œuvres exposées, les visiteurs pourront y voir des rivages, l’océan et des baigneuses. «C’est l’humain que je représente. C’est moi et nous tous et j’ai un intérêt et une tendresse pour les gens qui voient la terre changée.»

Et pourquoi avoir intitulé l’exposition Natures mortes? «Dans les arts, la nature morte contient normalement des objets de la nature qui ont été arrachés à la nature pour montrer l’abondance. J’ai décidé de faire des natures mortes à partir d’objets, de coquillages. Il y a toujours de petits déchets cachés dans le sable.»

Fine observatrice du Mile-End et de la vie outremontaise, Mme Desbiens travaille dans son atelier de l’avenue du Parc et est à même de constater une certaine gradation dans ses œuvres. «Il y a plusieurs années, j’ai fait une exposition qui présentait des cendriers. Dans ma nouvelle exposition, les mégots ne sont plus là où ils devraient être, dans les cendriers. Ils se retrouvent maintenant dans la mer.»

L’artiste donne des cours pour les jeunes à son atelier le samedi et prépare actuellement des ateliers d’une journée destinés aux adultes pour l’automne. Info: www.suzannedesbiens.ca.



Natures Mortes

Suzanne Desbiens

Galerie Georges Laoun

Édifice du Musée des beaux-arts de Montréal

1368, rue Sherbrooke ouest

Lundi au vendredi de 10h à 18h

Samedi de 10h à 17h


(Photo: Robert Packwood)

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